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Parmi les questions abordées, dans le débat sur la politique énergétique française, il y a le renouvellement (ou non) du parc de centrales atomiques à partir de la fin de la présente décennie et les problèmes connexes (déchets, cycle des matières fissiles, réacteurs à neutrons rapides). Il est évident que ce débat offre l'opportunité de confirmer les clichés de succès et d'efficacité associés au développement de l'électronucléaire en France depuis vingt ans. En particulier, il vaudrait mieux que l'immense majorité des Français reste persuadée que l'électricité occupe une place prépondérante parmi les énergies consommées et que, grâce au programme nucléaire, le pays a reconquis la plus grande part du taux d'indépendance énergétique dont il jouissait au début des années 60. Les chiffres officiels concrétisent ces idées et leur confèrent l'autorité du réel. On ne saurait donc envisager d'entreprise plus téméraire que celle d'interroger leur légitimité et d'oser les mettre en cause. |
C'est ce à quoi cette brève étude prétend
cependant. En effet, il est aisé d'établir que les règles
comptables en vigueur au ministère de l'industrie introduisent une
forte distorsion dans les statistiques énergétiques en raison
du sort particulier, préférentiel même, accordé
à l'électricité en général et à
la production électronucléaire en particulier. Ces règles
sont uniques au monde; que l'on considère les données de
l'Agence internationale de l'énergie, celles d'Eurostat ou d'autres
organismes spécialisés étrangers et internationaux,
toutes sont fournies en énergie réelles, via une unité
physique qui peut être le kilowattheure, le joule, la tonne équivalent
pétrole etc.
La spécificité française [1]consiste à compter l'électricité finale ainsi que toute la consommation primaire du système électrogène en équivalent primaire thermique classique. L'effet sur les bilans est imparable: survalorisation du rôle de l'électricité parmi les consommations finales d'énergie, et, au sein de la production, gonflement de la part de l'hydraulique et amélioration fictive du rendement de la filière électro-nucléaire. p.133 |
| A cette supercherie d'ordre technique se surajoutent la nationalisation
systématique de tout l'uranium importé et une évaluation
en énergie primaire du taux d'indépendance énergétique.
L'impact conjugué de ces hypothèses permet de doubler ce
dernier au jour d'aujourd'hui, par rapport au résultat fourni par
un calcul partant des consommations finales réelles (qui mesurent
les besoins effectifs de l'économie) et traitant à l'identique
toutes les énergies primaires importées.
Les six figures infra illustrent de façon synthétique les principes de calcul officiels et leur influence sur les différents bilans énergétiques de l'exercice 1990. L'ensemble de la question est développé dans le texte qui suit, conclu par un exemple de l'inconvénient qu'il y a à proposer des scénarios alternatifs sans avoir au préalable dénoncé la pratique comptable officielle. Des tableaux disposés en annexe présentent quelques détails chiffrés pour faciliter les recoupements. On ose souhaiter que le débat portera aussi sur ce point très préliminaire, qui conditionne la perception que l'on peut avoir des enjeux. Il semble que la seule réponse que le pouvoir politique sache naturellement apporter à l'émergence d'un dysfonctionnement de la société ou à un changement subit des contraintes extérieures, soit l'extension du champ de ses prérogatives, avec une préférence marquée pour les solutions globales (d'autres ont dit "unidimensionnelles") programmées une fois pour toutes dans la longue durée... bref, le changement administré pour se prémunir définitivement contre l'évolution du monde. Les implications des décisions de plus en plus lourdes que l'exécutif est ainsi amené à prendre concernent par conséquent des secteurs de plus en plus étendus de la vie sociale et économique. Leur prise en compte, en démocratie réelle, supposerait des procédures d'évaluation toujours plus complexes, assorties de débats prolongés aux péripéties imprévisibles, perspective propre à inquiéter très sérieusement les acteurs intéressés à la mise en oeuvre de ces solutions globales et à donner aux gouvernants l'impression que la situation leur échappe. L'expérience montre par ailleurs que les propositions quant à une solution donnée émanent justement de ceux qui la réaliseraient. Si le processus décisionnel reste fermé (ce qui a été et demeure le cas de tous les grands programmes industriels nationaux en France), la méthode la plus économique et la plus efficace pour réduire le débat à sa plus simple expression, c'est-à-dire la "manifestation" d'un consensus, consiste à fabriquer une image de la réalité à laquelle tout retard dans le passage aux actes donne des contours apocalyptiques. L'affaire se trouve alors traitée essentiellement sur le mode idéologique, qui sied le mieux pour faire valoir les compétences, tant des décideurs apparents que de leurs divers relais d'opinion. Un mythe se construit, nourri de réalisations techniques sublimées. (suite)
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suite:
Dans cet ordre d'idée nous allons retracer l'histoire de la reconquête mythique de l'indépendance énergétique de la France au cours des vingt dernières années. Où l'on constatera, peut-être avec surprise, la grossièreté étonnamment efficace du subterfuge utilisé, simple artifice comptable, sorte de faux en écriture décliné sur tous les modes, y compris celui de la contre-expertise technocratique. Une contre-expertise sous influence, subjuguée par la propagande de la partie adverse! Point besoin d'être devin pour prédire que la technocratie profitera du prochain débat sur la politique énergétique de la France pour brosser un tableau flatté des acquis à mettre à l'actif des vingt premières années de son programme électronucléaire [2]. Il y a vingt ans le pays vivait le point culminant du "tout pétrole". Il connaissait par ailleurs un essor inédit des consommations d'électricité (sous l'effet d'une stratégie commerciale d'EDF dirigée vers les usages domestiques et tertiaires, notamment le chauffage des locaux, développée depuis le milieu des années 60). Ces deux réalités "structurantes" avaient conduit à adopter une curieuse comptabilité électrique, spécifiquement française, qui traduisait assez bien la position des deux opérateurs énergétiques dominants, le pétrolier et son plus gros client, l'électricien.: - évaluer l'électricité consommée
(de l'énergie finale), quelle que fût son origine, en tonnes
du pétrole (de l'énergie primaire) qu'il aurait fallu brûler
dans une centrale thermique pour la produire [3](4
500 KWh par tep, "tonne équivalent pétrole" dont le pouvoir
calorifique est de 11'600 KWh, soit un rendement normalisé de 38,8%),
ce que l'on pourrait appeler la "tep électrique";
Cette façon de faire voir se révéla particulièrement favorable aux ambitions de l'électricien quand le prix du pétrole quadrupla à l'automne 1973. D'un côté elle faisait plus que doubler la place occupée par l'électricité dans les bilans par rapport au service réellement rendu; de l'autre elle suggérait que la substitution d'un uranium "national" [4]au pétrole "arabe" s'imposait d'évidence comme le moyen providentiel pour à la fois renforcer la consommation d'énergie et restaurer l'indépendance nationale [5]. Voilà qui répondait admirablement aux obsessions des élites politiques, administratives et syndicales du pays. De concert avec des contestataires inclassables, quelques économistes tentèrent de rompre le charme. Ainsi, seule une minorité [6] d'esprits avertis semblait avoir conservé la manie d'exiger des chiffres pour qu'ils mesurent la réalité physique et non qu'ils servent à maquiller un bilan. p.134
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| A lire les publications et rapports diffusés à l'occasion
du vingtième anniversaire du programme d'équipement nucléaire
d'EDF, cette minorité est menacée d'extinction. Que des revues
aux prétentions critiques et à l'indépendance reconnue,
telles Alternatives économiques ou Les cahiers de Global
Chance, aient adopté la façon de présenter du
ministère de l'industrie et d'EDF en dit long en effet sur l'ampleur
de la victoire des nucléocrates.
On en arrive à se demander si quelqu'un sait encore de quoi il parle. Les tableaux statistiques les plus extravagants agrémentent les rapports, sans soulever la moindre objection. Un comble: ils servent de référence aux derniers experts "contestataires" en activité, pour illustrer leurs contre-propositions. Surtout si son but consiste à faire valoir une stratégie alternative ou un projet différent de celui des dirigeants, le contre-expert a intérêt à partir des chiffres officiels; c'est une condition nécessaire à la rationalité des débats. Cependant, le respect aveugle de cette règle agresse le bon sens dès lors que ces chiffres déforment la réalité: - il peut passer pour approbation du bien-fondé de la présentation
officielle;
Considérons ici l'exemple du chauffage électrique des locaux. Une alternative économique performante consiste à lui substituer un chauffage central équipé d'une chaudière à condensation (rendement très voisin de 100%). Si l'on retient la règle officielle pour comparer ces deux cas de figure, on trouve une réduction d'énergie finale consommée d'un facteur de 2,57 quand on passe de l'électricité au fuel ou au gaz, résultat faux et absurde sous tous ses aspects, faut-il le préciser? En effet, soit 1 le besoin de chaleur effectif du logement, alors: - l'énergie finale utile est la même, à confort
égal, quel que soit le mode de chauffage;
Dispersée et noyée dans de grands agrégats sectoriels ou catégoriels, "l'erreur" de comptabilité se dérobe à la vue sans perdre, bien au contraire, de son impact falsificateur. Il est donc indispensable de considérer les quantités réellement consommées (comme celles portées sur les factures de gaz et d'électricité...) et produites, pour démontrer en toute clarté qu'on aurait pu faire autrement, ne pas faire appel à l'électricité pour chauffer un logement ou une porcherie industrielle, pour prouver d'où vient la différence, ce qu'elle implique et autorise. (suite)
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suite:
Plus généralement, on ne saurait mettre valablement en concurrence deux stratégies distinctes sans une représentation neutre, impartiale, de leurs effets respectifs. On a donc tout intérêt à rétablir d'abord la vérité des représentations; la discussion pourra s'engager ensuite, sur de bonnes bases. POURQUOI TEP ET PAS KEU? Avant de démonter, chiffres à l'appui, les aberrations techniques où conduit la comptabilité énergétique officielle, précisons la portée politique de celle-ci. Le passage au "tout électro-nucléaire" n'a pas été suivi par l'introduction d'un keu (kilo-équivalent-uranium), le quel aurait mieux convenu au rapport de force instauré il y a 20 ans en France dans le secteur de l'énergie, en lieu et place de la tep (tonne-équivalent-pétrole). Les bilans ont donc continué d'être établis en tep, ou Mtep, qu'il s'agisse d'énergie primaire ou finale. Habitude ou commodité? Compte tenu de certaines contorsions imposées par ailleurs (passage du franc au "nouveau franc" ou, plus récemment, du Rem au Sievert), soit au grand nombre, soit à un cercle de spécialistes, nous penchons pour la seconde hypothèse. En effet conserver la tep, et surtout la "tep électrique" finale, permet d'atteindre à coût nul six objectifs idéologiques, et non des plus minces: - transférer symboliquement sur un bouc-émissaire "bronzé",
le pétrole, les pollutions des autres ressources énergétiques;
LES FABULEUSES PROUESSES DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE NATIONAL: LA PART DU RÊVE Il nous faut maintenant commencer à entrer dans les détails. Nous avons choisi de partir des chiffres de 1990, pour deux raisons: d'abord parce que la situation a peu évolué durant les trois derniers exercices pour cause de récession et ensuite parce qu'ils servent de référence aux scénarios Détente présentés par l'INESTENE [8] à l'occasion du débat énergétique organisé par le gouvernement. p.135
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| Ces chiffres ne laissent pas d'émerveiller
l'énergéticien: un simple coup d'oeil aux totaux officiels
des consommations finales et primaires, respectivement 185,3 et 220,2 Mtep
[9],
ne suggère-t-il pas que le rendement de conversion du système
énergétique français pris dans son ensemble se hausserait
jusqu'à 84,3%?
Belle performance, Mais le spécialiste n'aura pas manqué de remarquer au détour d'un tableau qu'une certaine proportion de l'électricité a servi à enrichir de l'uranium pour le compte d'électriciens étrangers et qu'une autre est exportée. Il établira sans difficulté que l'ensemble représente une bonne douzaine de ces fameuses Mtep électriques. Tant et si bien que la quantité d'énergie finale mise à disposition des usagers nationaux et étrangers de notre système énergétique atteindrait 197 Mtep. D'où un rendement de conversion global corrigé [10]assez stupéfiant de 89,6%!! Stop! se dit notre homme. Nos brillants techniciens auraient-ils réussi à contourner le fameux principe de Carnot? Seraient-ils donc à deux doigts de réaliser le miracle du mouvement perpétuel, par exemple en couplant un turbo-alternateur sur une grosse résistance électrique plongée dans la chaudière qui l'alimente en vapeur? Non, bien sûr. L'expert qu'il est, rapproche le seul chiffre de 61 Mtep, annoncé comme la consommation primaire des centrales nucléaires hexagonales, de celui de leur rendement, 30%. Faisant fi de la tep électrique, il en déduit que la quantité d'énergie finale produite par ce moyen avoisine les 18 Mtep. Alors, sans même tenir compte des autres pertes (pertes en ligne, autoconsommation des centrales et de l'industrie du raffinage, pertes dans les centrales thermiques classiques etc.), il conclut provisoirement que, puisque les pertes du processus électronucléaire sont de l'ordre de 43 Mtep (61 x 0,7), l'énergie finale distribuée ne saurait excéder 220-43=177 Mtep (d'où un rendement d'ensemble certainement inférieur à 80%). De ce constat préliminaire il découle que l'on peut raisonnablement se donner pour objectif, modeste, de rétablir la cohérence des bilans énergétiques français. On ramènera ainsi à ses justes proportions l'image de réussite de la stratégie énergétique suivie depuis une génération. Et on contribuera par là même à modifier dans le bon sens les résultats annoncés par les scénarios Détente. UNE GAGEURE: METTRE UN PEU DE COHÉRENCE DANS LES BILANS Nous prions le lecteur de bien vouloir nous suivre plus avant dans l'examen chiffré du dossier. L'électricité occupe, on l'a vu, le coeur du problème, à cause des distorsions introduites par l'usage de la "tep électrique", primaire et finale. Pour remettre les choses d'aplomb il faut et il suffit: (suite)
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1) d'exprimer toutes les énergies finales en quantités d'unités physiques réellement utiles ou mises à disposition (à discuter au cas par cas); 2) de soumettre à l'épreuve du réel l'évaluation des quantités d'énergie primaire consommées dans les centrales électrogènes. La question de l'énergie finale ne peut être tranchée sans considérer l'existence de solutions concurrentes opérationnelles. Par exemple, tant qu'aucun vecteur d'énergie ne peut s'attaquer à l'imperium du pétrole sur les transports routiers, aériens et maritimes, rien ne sert de distinguer entre énergie mise à disposition (traitée par les statistiques) et énergie utile [11] (difficile à calculer par méconnaissance des rendements moyens des différents modes de transport). L'argument vaut aussi dans les secteurs industriels captifs d'une énergie, comme l'électrochimie. En revanche, s'il s'agit d'applications très indifférenciées, car de bas niveau énergétique, comme les usages thermiques, alors c'est l'énergie utile qu'il conviendrait de retenir dans les bilans. Néanmoins, afin de simplifier l'exposé de notre tentative de mise en perspective, qui ne se prétend pas un exercice comptable "au centime près", et parce que les rectifications à apporter ne joueraient qu'au premier ordre (la plupart des applications thermiques ont un rendement supérieur à 85%, alors que celui de la chaîne électrique stagne autour de 30%), nous avons retenu les chiffres des énergies mises à disposition. Cependant cette manière de faire ne convient pas vraiment pour l'énergie solaire directe: celle-ci a plutôt pour effet de réduire les besoins d'achat d'énergie grâce à une action d'investissement technologique à l'interface entre l'environnement et l'usager, au même titre que l'amélioration de l'isolation d'un logement. C'est pourquoi la rubrique "énergies renouvelables" ne regroupe que l'hydraulique et la biomasse. Mis à part tout ce qui concerne l'électricité, ces règles de calcul sont celles utilisées dans les documents officiels. Il nous suffit donc de redresser les bilans spécifiques au vecteur électrique et d'intégrer les corrections dans les autres bilans pour atteindre le but que nous nous sommes assigné. Les tableaux 1 et 2 résument les résultats de l'opération [12]. Ces tableaux confirment très concrètement l'importance démesurée attribuée officiellement à l'électricité dans la consommation finale, 36,9% contre 18,5 dans la réalité (tableau 1, col. 4 et 6). Par ailleurs le principe de la "tep électrique" devrait conférer un rendement apparent de 100% au processus électrogène. Cependant une sorte de coquille entache le chiffre officiel de la production primaire d'énergie nucléaire (tableau 2, colonne 9), d'où on déduit un rendement de "seulement" 97,5%. Bien entendu cette erreur est de peu d'importance en regard de l'écart avec le rendement réel de 29,7% pour le total de l'électricité vendue aux consommateurs finaux! p.136
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| Correctement pris en compte les chiffres des consommations tant finales
que primaires, le rendement général de la mise à disposition
d'énergie en France tombe à 61%, loin de la valeur mirobolante
de 89,6% issue des règles de calcul du ministère de l'industrie
(tableau 2, colonne 10).
Manière de "farder", plutôt que de calculer d'ailleurs; de farder d'efficience la politique menée depuis vingt ans: en donnant à croire qu'FDF, essentiellement grâce à son programme nucléaire, satisferait 36,9% des besoins avec seulement 37,5% de l'énergie primaire consommée en France, alors qu'en réalité il lui faut engloutir 43,3% de cette dernière pour répondre à une demande limitée en fait à 18,5% de la consommation finale nationale. La perspective change quelque peu... Cela vu, l'exclusion de l'énergie solaire "directe" peut prêter le flanc à des objections sérieuses. Pourquoi ne pas faire subir le même sort aux apports, bien qu'indirects, de la biomasse ou de l'énergie hydraulique? On peut invoquer des raisons écologiques et techniques. L'exploitation de l'énergie hydraulique suppose la réalisation d'ouvrages destinés à accumuler artificiellement une grande quantité d'énergie potentielle. Aussi perturbe-t-elle le dessin et le cours des fleuves, favorise-t-elle la concentration de polluants dans leur lit, occasionne-t-elle mille troubles à la flore et à la faune aquatiques et fait-elle parfois peser un risque grave sur les populations habitant en aval. Compter à sa vraie valeur l'énergie hydraulique transitant dans ces ouvrages permet de rappeler l'existence de telles nuisances et de les chiffrer, au même titre que faire apparaître la vraie valeur de la consommation d'énergie primaire des centrales nucléaires et thermiques classiques exprime dans une certaine mesure les pollutions thermiques et chimiques associées à leur fonctionnement. Le rendement de la photosynthèse est beaucoup plus faible, dix fois au moins, que celui des procédés techniques de captage de l'énergie du rayonnement solaire, qu'ils soient thermiques, biochimiques ou photovoltaïques. Les surfaces requises pour la satisfaction d'un besoin donné varient en proportion. Il n'est donc pas faux de dire que le coût écologique des techniques solaires directes, du moins terrestres, serait quasi nul, leur mise en valeur se satisfaisant dans la plupart des cas de surfaces déjà employées pour le logement ou pour des activités tertiaires et industrielles. Ce n'est évidemment pas le cas de la production intensive de biomasse, laquelle concurrence celle de nourriture et pourrait s'effectuer au détriment de l'extension de réserves biologiques. Reconnaissons cependant qu'il serait souhaitable d'intégrer les apports des filières solaires directes dans les énergies finales, afin qu'une incitation d'ordre statistique vienne conforter les avantages évidents qu'elles procurent. Cette ultime remarque introduit la question de la définitition du taux de couverture des besoins énergétiques en mettant en lumière le caractère inapproprié d'un calcul basé sur les consommations d'énergie primaire. Nous allons voir que le seul moyen de limiter les effets pervers d'une problématique poussant facilement à tous les dérapages idéologiques et, donc, politiques, consiste à partir des consommations finales, mesures immédiates de la demande. (suite)
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suite:
«En 1993, plus de la moitié de l'énergie consommée en France a été produite sur le territoire national. selon le bilan de la direction de l'énergie et des matières premières du ministère de l'industrie, présenté jeudi 17 mars" (Le Monde, 18 mars 94). Commentant ce résultat et les conditions de sa réalisation, Claude Mandil, directeur général de l'énergie et des matières premières, cité par la même source, déclarait: «l'indépendance énergétique ne doit pas être un objectif en soi». Prenons le au mot! Fort d'un encouragement aussi autorisé, nous allons établir que la politique énergétique suivie depuis 1973 n'a guère réduit la dépendance énergétique française. Sans doute l'objectif affiché était-il en fait moins important que celui de faire croire qu'on le poursuivait, stratagèmes comptables à l'appui. A ce sujet, la phraséologie officielle joue sur deux ambiguïtés: parler d'énergie consommée, sans préciser si c'est à la source ou par l'usager final, alors que la comptabilité est établie en énergie primaire; user d'équivalences qui confinent à la supercherie. Comment soutenir une évaluation d efacto en énergie primaire du taux de couverture des besoins dès lors qu'on développe à outrance un procédé à faible rendement, la filière électro-nucléaire? Agir ainsi revient à présenter la chaleur perdue (en l'occurrence presque les trois quarts de l'énergie primaire nécessaire) comme un besoin économique. Mais il y a mieux, ou pire: nos dirigeants parent cette énergie nucléaire de vertu nationale. Il s'en suit alors très logiquement que le faible rendement du procédé devient un argument idéologique en faveur de son exploitation massive! Bref, ce faisant, ils ont institué une sorte de prime patriotique à la pollution... Pour redonner un sens au concept de taux de couverture des besoins. alias d'indépendance énergétique, nous allons procéder en deux temps: effectuer le calcul en énergies finales "vraies" (correction technico-économique), puis, après une discussion sur l'origine des matières premières consommées (correction politique), retrouver la traduction chiffrée de l'idée communément attachée au mot indépendance. Ces opérations porteront sur les résultats des années 73 et 90. Les valeurs obtenues seront a comparer à leurs homologues officielles, respectivement 22,5 et 48%. La correction technico-économique fait déjà sensiblement baisser le score, principalement en raison de la réduction de la part de l'électricité, énergie finale plus "nationale" que les autres. On observe que le déclin des activités minières et l'épuisement du gisement de Lacq concourent à limiter l'augmentation redevable à l'uranium africain et néanmoins français. Tous comptes faits, en énergie finale pour les motifs exposés ci-dessus, le taux d'indépendance serait passé dc 15,8% en 1973 à 36,7% en 1990 [13]. On voit donc que le seul impact du maquillage à la "tep électrique" des bilans, en énergie primaire de surcroît, n'a rien d'anodin: un accroissement d'un bon tiers de l'idée chiffrée que le public, duement chapitré, se fait du niveau d'indépendance énergétique du pays. p.137
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| Pour l'anecdote, on notera qu'un calcul basé sur les quantités
réelles d'énergie primaire, du fait de la place prise en
vingt ans par l'uranium, fournirait un taux de couverture de 52,4% en
1990! Ce point illustre dans l'autre sens l'importance des conventions
sur le résultat. En la matière, tout chiffre annoncé
sans qu'aient été explicitées les règles de
calcul dont il procède devrait être considéré
comme non avenu car sans signification.
Cette dernière remarque prend tout son poids si l'on met en examen la notion d'énergie nationale appliquée par le ministère de l'industrie. Nous abordons là le domaine subjectif des appréciations politiques. Puisque tout y est relatif, notamment à la raison du plus fort, nous procéderons par comparaison avec le traitement de situations analogues, soit dans le passé, soit dans d'autres pays, qui, d'une certaine façon, portent l'autorité de la tradition. Deux arguments étayent pour l'essentiel le cliché d'une électricité nucléaire nationale à 100%: tout d'abord la faible part du coût de la matière première uranium dans celui du kWh; ensuite les trois quarts de l'uranium importé proviennent de la zone franc. Aucun de ces deux arguments, particulièrement spécieux, faut-il le souligner, ne résiste à l'analyse. En effet, considérons le premier et appliquons-le à une situation similaire: l'évolution du contexte énergétique avant 1973. Le prix du pétrole était fortement orienté à la baisse, entraînant dans son sillage une réduction continue du contenu en devises du coût du kWh électrique. Pourtant, à aucun moment il n'a été question de revendiquer une qualité de plus en plus nationale à l'électricité sortant des centrales thermiques, ni à EDF, ni ailleurs dans le monde. L'uranium est donc bien doté, en France, d'un attribut idéologique sans précédent, celui d'être national parce que relativement pas cher à l'achat mais coûteux à valoriser. Le second est encore plus facile à réfuter. Il est bien connu que les achats de pétrole s'effectuent pour la plupart en dollars. Il ne semble pas que le département de l'énergie des Etats-Unis ait jamais songé à prétexter cette réalité géopolitique pour accorder un label national à l'électricité sortant des centrales thermiques américaines brûlant du pétrole importé. La sécurité de ces approvisionnements ne lui en est par ailleurs pas apparue mieux garantie. Est-ce à dire que la confiance manifestée par les responsables français dans la sécurité des approvisionnements en uranium provenant de la zone franc trahirait la certitude du maintien du contrôle de Paris sur ses ex-colonies? Admettons, mais il faudrait alors "dénationaliser" le quart environ de l'uranium importé, celui payé en devises fortes. Ce point n'est pas à l'ordre du jour, on s'en doute. Supposons maintenant un instant que la méthode fasse école. On pourrait alors faire profiter les statistiques de son application aux consommations des automobiles made in France, pour autant que la part de la matière première pétrole est elle aussi marginale rapportée au coût du carburant à la pompe et, par voie de conséquence, au prix de revient kilométrique (de l'ordre de 1 à 2%, soit à peu près autant que la part en devises d'un kWh nucléaire: 2,7%). (suite)
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Ne nous arrêtons pas en si bonne voie: puisque le coût de l'énergie est depuis longtemps marginal dans toute production industrielle à bonne valeur ajoutée et dans la plupart des usages faisant appel à des dispositifs élaborés, rien n'interdit de généraliser à l'ensemble de l'économie la règle de naturalisation inventée pour l'uranium. On pourrait ainsi décréter que toute l'énergie, ou presque, consommée en France par des équipements d'origine nationale porte le blason tricolore! Voilà une indépendance particulièrement bon marché, et bienvenue en ces temps où la majorité de nos concitoyens doutent de leur pays et de son avenir de grandeur. Allons jusqu'au bout du raisonnement: étendus à l'ensemble des activités, les arguments servant à doper le chiffre du taux d'indépendance énergétique persuadent, en bonne logique, que cette indépendance est acquise depuis longtemps et nullement menacée, pour autant que l'économie française reste une économie moderne produisant toujours plus de valeur ajoutée avec moins de matière; ils persuadent donc de l'absolue inutilité de l'investissement nucléaire, qui immobilise d'énormes capitaux dont on ferait meilleur usage ailleurs. A quelle réjouissante gymnastique conceptuelle devraient se livrer nos élites si le débat énergétique voulu par le gouvernement s'emparait de cette question assez symbolique! Le persiflage est facile. Liquidons la question en appelant un chat un chat et voyons jusqu'où cela va nous entraîner. Le tableau 4 apporte quelques sérieuses retouches aux clichés sur la reconquête de l'indépendance énergétique. Ils en deviennent même méconnaissables, ce qui n'a rien de bien inquiétant quand on sait le peu d'importance que revêt concrètement ce critère... sauf bien entendu, quand il est retenu pour imposer à la collectivité le financement d'une plaisanterie aussi pharaonique et dangereuse qu un programme nucléaire avec La Hague et Superphénix en primes payantes. Car, ce qu'indiquent les chiffres n'est pas particulièrement glorieux: le taux réel d'indépendance énergétique est passé de 15,4% en 1973 à 24% en 1990. Le lecteur en déduira sans mal que le mariage de la "tep électrique" et de l'uranium "national franco(africain)" fait exploser le bilan: +100%! Qui dit mieux? Une indication complémentaire du poids déterminant de l'argument "politique" dans un contexte fortement nucléarisé: au delà de la correction technico-économique, on s'aperçoit en effet que la correction politique n'a qu'un effet minime sur le chiffre de 1973 (de 15,8 à 15,4%) alors qu'elle fait chuter d'un tiers celui de 1990 (de 36,7 à 24,0%). Mais, d'où provient le gain de 8,6 points entre 1974 et 1990? Certainement pas de l'amélioration de la qualité nationale du courant électrique distribué: avec 8,41 Mtep d'origine nationale pure souche, soit 47,2% de la consommation, les résultats de 1973 étaient meilleurs, tant en valeur absolue que relative, que leurs homologues de 1990, 8,33 Mtep et 31,3%. Ainsi le secteur qui s'était arrogé la mission de contenir le flot visqueux de pétrole arabe puis de mener la croisade pour la chère et pure indépendance nationale n'a su que céder aux charmes douteux de l'uranium africain: qui veut faire l'ange... p.138
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| En fait, le gros de l'amélioration tient à la percée
(comptable?) des énergies renouvelables à finalité
non électrogène, 9,3 Mtep, sans lesquelles (en supposant
qu'elles remplacent des ressources importées, bien entendu) le taux
de couverture n'aurait atteint que 17,6%. La "courte" amélioration
obtenue, au delà de cette contribution des énergies renouvelables,
tient à la place accrue que l'électricité (restée
quand même plus nationale que l'ensemble des autres énergies)
occupe dans la consommation finale, 18,5% contre 15,8%.
La conclusion s'impose d'elle même: fiasco; un fiasco qu'il ne faut surtout pas regarder en face. La République et la communauté nationale restent décidément constantes dans le traitement historique et politique à donner à leurs plus cuisants errements! DOMMAGE, Ç'AURAIT PU ÊTRE ENCORE PLUS PROBANT Terminons avec une mise en forme des scénarios Détente de l'INESTENE. On se réfère aux trois scénarios typés présentés
à l'horizon 2010 (cf. Les cahiers de Global Chance (CGC), no
3,
mars 94, pour plus de détails):
Le tableau 5 présente les différents bilans de la production d'électricité aux bornes des générateurs et les consommations primaires réelles associees. Il montre que le scénario C de sortie du nucléaire diminue la pression sur les ressources d'un facteur supérieur à 3, par rapport au scénario A de poursuite de la stratégie actuelle. (suite)
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suite:
Le tableau des consommations finales par secteur économique est ensuite corrigé (tableau 6), puis ceux qui récapitulent la répartition des consommations finales et primaires, par type d'énergie, reçoivent un traitement analogue (colonnes "GED"). Pour ces deux derniers (tableaux 7 et 8), on rappelle les chiffres obtenus avec les règles de calcul officielles, conservées par l'INESTENE (colonnes "INSTN"). Les petites différences entre les chiffres des totaux dans les tableaux 6 et 7 ont pour origine des cumuls d'erreurs d'arrondi: elles ne sont pas significatives. Enfin, on résume (tableau 9) l'influence de la méthode comptable en exprimant les rendements globaux (finale/primaire) des différents scénarios et les écarts entre les deux stratégies extrêmes, A et C. L'exercice confirme l'orientation "pronucléaire" des conventions
officielles
nationales
(con).
A
l'horizon 2010, selon la façon de compter, préférer
le scénario C au scénario A conduirait à réduire:
En d'autres termes, par comparaison avec un calcul basé sur les données physiques réelles, la méthode (con) donne à croire que sortir du nucléaire se paierait d'une plus forte diminution de la disponibilité en énergie finale, pour une réduction moins convaincante de la consommation d'énergie primaire. De plus, elle masque le gain en efficacité promis par le scénario C, en le faisant apparaître comme marginal, 88,8% contre 82,4% (+7,7%) pour le scénario A, alors que les chiffres corrigés montrent que la différence serait en réalité qualitativement appréciable: 68,6% contre 53,9% (+27,2%). L'influence péjorante de la comptabilité énergétique nationale sur tout scénario non violemment nucléaire est démontrée. Porter le conflit sur ce terrain constitue sans doute un enjeu important du débat sur la politique énergétique de la France. PRONOSTIC, EN GUISE DE CONCLUSION Considérée sous un angle rétrospectivement prospectif, la comptabilité énergétique française, avec sa surévaluation de la place de l'électricité dans le bilan des énergies finales, sa survalorisation de la part de l'hydro-électricité, et la nationalisation automatique et exclusive de l'uranium importé, a rendu un fier service à la réputation de sagesse et de sens de l'Etat de la haute technocratie nationale. Outre que le rôle de l'électricité dans la satisfaction des besoins d'énergie finale s'en trouve par définition doublé, cette palette d'hypothèses aussi arbitraires que hardies concrétise au fil du temps, au fur et à mesure de la réalisation du programme électronucléaire, son influence favorable sur le taux officiel d'indépendance énergétique: p.139
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| - en 1973, cette influence apparaît quasi marginale, quelques
pourcents de distorsion. Les tentatives de "polémiquer" sur ce sujet
ont donc eu à affronter l'indifférence ou le soupçon
de voler au secours des pétroliers "arabes", avant de sombrer dans
l'oubli;
- en 1994, le rendement du procédé comptable, désormais "consacré" par la tradition, est devenu décisif. Le chiffre-clé du taux d'indépendance énergétique vaut désormais le double du résultat réel. D'un point de vue politique le bénéfice s'annonce prometteur. En effet, puisque, bien que différente de ses homologues étrangères et internationales, la comptabilité énergétique française a traversé, quasi incontestée, les deux dernières décennies; mieux encore, puisque même les contre-experts français dans le domaine des stratégies énergétiques y ont recouru pour chiffrer leurs scénarios alternatifs; alors toute remise en cause tardive, et celle-ci en est une, doit s'attendre à être accueillie avec dédain, sinon à essuyer une pluie de sarcasmes. |
On pourrait certes s'attendre à l'inverse, à ce que cette
pratique modernisée par une nucléocratie cynique de la fameuse
méthode du docteur Coué ne s'attire que rires et quolibets
de la part des gens sains et indépendants d'esprit.
Mais il est bien connu que plus l'échéance d'un débat
politique central se rapproche, plus s'impose l'exigence de simplisme.
En conséquence, on peut parier que personne ne jettera de bon gré
aux orties des certitudes idéologiques ancrées par vingt
ans de propagande pour examiner le détail de choses plus ou moins
douteuses, surtout si quelques idées reçues de base devaient
en souffrir. Bien que manquant d'indices probants à ce sujet, l'auteur
de ces lignes continue d'espérer que son pronostic sera infirmé.
Novembre 1994
p.140
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[1] Comparer sur ce sujet les règles
et données publiées par la Délégation à
l'information et à la communication du Ministère de l'industrie
(101, rue de Grenelle, 75007 Paris) dans le document Chiffres clés
de 1'Energie, Collection Chiffres et Documents, édition 1992,
avec les équivalents aux normes internationales du chapitre "France"
de EUROSTAT; 1990,pp 178-185.
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[2] Tel que lancé en mars 1974, il constituait
en fait, une légère adaptation de l'objectif pour 1985 préconisé
en 1971 par le Commissariat au Plan.
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[3] Notons qu'une telle règle serait
appropriée pour décrire un système énergétique
où toute l'électricité servirait à actionner
des pompes àchaleur dont le coefficient de performance moyen avoisinerait
2,6..., objectif technico-économique sans intérêt.
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[4] Le pays importait alors environ un tiers
de ses besoins d'uranium, contre 90% aujourd'hui.
[5] Le quasi abandon du charbon, effectivement national, par
EDF au cours de la décennie 60, au profit d'un pétrole importé
de moins en moins cher, n'avait cependant pas vraiment ému nos farouches
partisans, gaullistes et autres, de l'indépendance nationale!
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[6] En France, car partout ailleurs la comptabilité
énergétique a toujours été établie en
quantités réellement produites ou consommees.
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[7] Ce rendement dépend en fait de la
charge, car la consommation des auxiliaires de rcfroidissement d'un réacteur
est constante (2 à 3% de la puissance nominale) jusqu'à la
mise en "arrêt à froid" de ce dernier, exceptionnelle.
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[8] Institut d'évaluation des stratégies
énergétiques en Europe, 5 rue Buot, 75013 Paris.
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[9] Rappel de quelques données de base:
(Les chiffres officiels des rubriques colonnes affectées par l'artifice comptable en vigueur sont inscrits en caractères normaux, tous les autres en caractères gras.)
Figure 1: définition officielle française pour comptabiliser une unité d'énergie finale => survalorisation de la part de l'électricité.



Tableau 2: consommations primaires officielles et corrigées (1990)

Tableau 3: Taux de couverture (définition officielle de la qualité nationale)

Tableau 4: Taux de couverture (définition classique de la qualité nationale)

Tableau 5: énergie électrique produite aux bornes et primaire afférent




