LE SOLEIL POUR UN DEVELOPPEMENT DURABLE
Chronologie de l'évolution biologique

sur la terre
Gaston FISCHER
Géophysicien, Peseux-Neuchâtel

     Dans la précédente édition de SEBES (1993-4994) j'ai présenté une analyse de l'évolution démographique des quatre derniers siècles ainsi que quelques projections qui sont faites pour celui à venir. Le fait le plus marquant était qu'entre 1600 et 1960 environ, la progression avait toujours été "sur-exponentielle". En d'autres termes, on pouvait dire en tout temps: jamais la population du globe n'a été aussi nombreuse et jamais elle n'a accusé un taux de croissance aussi fort. Cette constatation a déjà été faites par d'autres, plus particulièrement par François Meyer qui a montré qu'elle est manifestement l'émanation d'un principe fondamental de toute l'évolution biologique.
     Le tableau chronologique qui suit confirme en tous points l'hypothèse de Meyer. Il met en correspondance une année solaire avec l'âge de la Terre (environ 4,55 milliards d'années) et retrace le développement de la biologie sur notre planète. Ce qui frappe, dans ce calendrier, c'est l'augmentation continuelle de la vitesse avec laquelle s'accroît la complexité biologique. De toute évidence la biologie fonctionne comme le développement technologique, dont les différentes étapes sont réalisées toujours plus rapidement: à mesure que les outils s'améliorent, c'est-à-dire deviennent plus efficaces, il est plus facile d'en réaliser de nouveaux qui sont plus performants encore. Ici l'on pourrait même ajouter qu'il nous est apparemment impossible de renoncer à ces améliorations. 
Il y a une fatalité écrite dans la biologie qui nous pousse toujours plus vite vers une certaine finalité, voire même une finalité certaine. La majorité d'entre nous est si absorbée par la réussite de son quotidien qu'elle semble totalement insensible à ce qui se trame pour l'humanité entière. Quelques "illuminés" prédisent la catastrophe, mais personne ne les entend.
     On pourrait penser, en considérant ce tableau, que les phases d'extinction massives aux limites P-Tr et K-T ont freiné le rythme de l'évolution. C'est précisément le contraire qui est vrai. A l'approche de ces limites les espèces dominantes étaient engagées sur des chemins évolutifs bornés, où tout épanouissement semblait bloqué. Leur extinction a permis à des espèces mieux adaptées de prendre le relais. Ainsi, à la limite K-T la disparition des dinosaures a permis le développement accéléré de la classe des mammifères; cette classe existait déjà, mais était dominée par les sauriens.
RÉFÉRENCES

G. FISCHER, "Où nous conduit l'explosion démographique?", in SEBES (1993-1994), pp. 23-32.
eF. MEYER, "Une démographie paradoxalc", in SEBES (1993-1994), pp. 17-21.
F. MEYER, Problématique de l'évolution, PUF (collection Bibliothèque de philosophie contemporaine), Paris, 1954, 284 p.
F. MEYER, La surchauffe de la croissance (préface de Rémy Chauvin), Fayard, Paris, 1974, 140 p.

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TABLEAU