Zusammenfasaung: Die Sonnenstrahlung ist der Ursprung von mehr als 90% der konsumierte Energie. Der Mensch schöpft für seine Bedüffnisse im natürlichen Energiekreislauf (Hydroelektrizität, Biomasse) und verbrennt derzeit und sehr schnell die in der fernen Vergangenheit erzeugte fossilisierte Biomasse (Kohle, Gas, Erdöl). Die von dem Verbrauch der fossilen Energien hervorgerufenen Probleme sind wohlbekannt: Luftverschmutzung, Treibhauseffekt, Erzeugung von Aerosolen, Erschöpfung der Vorräte während einiger Generationen. Angesichts dieser Situation haben seit etwa zwanzig Jahren Anstrengungen zur direkten Nutzung der Sonnenenergie eingesetzt durch Transformation in Wärme, in Elektrizität oder in eine Form von chemischer Energie, welche leichter gespeichert werden kann (z. B. Wasserstoff). Dieser Aufsatz hat zum Ziel, die Möglichkeiten der Solarenergie für eine Langzeitentwicklung aufzuzeigen. Wir haben uns auf direkte Nutzung beschränkt, während die mehr indirekten Nutzungen wie Hydroelektrizität, die Windenergie oder die Biomasse nur am Rande erwähnt werden.
Summary: More than 90% of consumed energy comes
from solar radiation. Human needs are satisfied by exploiting the natural
energy cycle (hydroelectricity. biomass) or burning fossilized biomass
produced in past epochs (coal, gas, petroleum). Problems brought on by
using fossil energy are well know: air pollution, greenhouse effect, aerosol
production, exhaustion of resources in a few generations. A growing effort
exists to develop the direct use of solar energy by transforming it into
heat, electricity or a more stockable form of chemical energy (for exemple,
hydrogen). This article seeks to analvze the potential of solar energy
for durable development. We limit ourselves to its direct use and only
touch briefly on the more indirect uses of hydroelectricity, wind or biomass.
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On définit souvent l'énergie solaire comme abondante, renouvelable, non polluante et gratuite. Regardons de plus près ces affirmations. L'énergie solaire est très abondante Cette affirmation est exacte, puisque sur les 1.7.1017W arrivant en permanence au sommet de l'atmosphère, un peu plus de la moitié atteint le sol, soit environ 10'000 fois la puissance moyenne consommée par l'homme[1]. Autrement dit, il suffirait de capter cette énergie pendant une heure par année ou pendant 10 secondes par jour pour couvrir l'ensemble de nos besoins. |
On dispose donc d'une manne imposante d'énergie renouvelable.
Il ne peut du reste pas en être autrement: l'énergie solaire
détermine directement le climat terrestre et si l'homme se risquait
à consommer une quantité d'énergie (non solaire) importante,
l'effet sur le climat global serait immédiat. On peut estimer grossièrement
que chaque % d'énergie ajoutée à l'énergie
solaire atteignant le sol augmente la température moyenne du globe
de 0.5K. Actuellement, l'homme utilise une quantité d'énergie
non renouvelable égale à environ 1% de 1% de l'énergie
solaire incidente (1/10'000), l'effet sur la température du globe
est donc faible, de l'ordre de 0.005K. En doublant la consommation énergétique
tous les 25 ans, il faudrait 2 siècles pour provoquer une augmentation
de température moyenne de 1K.
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| Ce problème d'auto-échauffement global de
l'atmosphère directement induit par la consommation anthropogène
n'est donc pas encore préoccupant mais donne une certaine limite
à l'augmentation exponentielle de la consommation.
Ce rapport énorme entre énergie solaire incidente et besoins humains est toutefois à prendre avec précaution pour plusieurs raisons: 1. Il faut tenir compte des variations saisonnières, qui dépendent de la latitude du lieu. En région intertropicale, l'énergie solaire arrive régulièrement tout au long de l'année et est bien en phase avec les besoins humains. En régions tempérées et froides, la situation est différente puisque souvent les besoins énergétiques sont maximum quand les apports sont au minimum et de mauvaise qualité (rayonnement diffus et de basse intensité). Il arrive toutefois qu'en certaines zones tempérées, comme les Etats-Unis et bientôt l'Europe du Sud, la demande estivale soit supérieure à la demande hivernale à cause de la climatisation. 2. La concentration urbaine, de plus en plus importante, est a priori moins favorable à l'utilisation de l'énergie solaire. Dans ces zones, on peut constater que les besoins humains dépassent plusieurs dizaines de W/m2 alors que, dans le même temps, la quantité moyenne d'énergie solaire reçue au sol est d' environ 185 W/m2 et l'énergie d'origine anthropogène n'est plus négligeable. Le tableau ci-dessous donne quelques chiffres[2]: ![]() A titre de comparaison, le rayonnement total horizontal vaut: ![]() Dans ces régions, un changement climatique local se fait nettement sentir: l'îlot de chaleur urbain. Il est dû aussi bien à cette pollution thermique qu'aux modifications apportées aux flux d'énergie naturelle induites par l'urbanisation (augmentation de l'absorption solaire, baisse de l'évapotranspiration, effet de serre local dû aux aérosols). Les conséquences de ce microclimat sur la qualité de la vie et le niveau de pollution sont bien connues (voir les problèmes aigus des métropoles comme: Athènes,Los Angeles,Mexico,... [2, 3 à 5]). (suite)
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L'énergie solaire est renouvelable
C'est son principal atout mais c'est aussi plus que cela. 70 % des photons
solaires incidents, de courte longueur d'onde (0.5 micron) et de direction
donnée (possibilité de les concentrer), sont absorbés
par la terre. Chacun d'eux est transformé en une vingtaine de photons
infrarouges moins énergétiques (longueur d'onde d'environ
10 microns) et isotropiquement distribués vers l'univers. Cette
forte augmentation d'entropie permet à un ordre local très
puissant de s'instaurer sous la forme de la vie biologique grâce,
d'une part, à la photosynthèse et, d'autre part, à
l'élévation de température obtenue dans la biosphère.
Capter cette énergie pour les besoins de l'homme, c'est en fait
l'utiliser une deuxième fois sans augmenter l'entropie totale.
L'énergie solaire est non polluante On ne dira jamais assez que la seule énergie qui ne pollue pas, c'est celle qui n'est pas consommée. Il vaut donc mieux dire que l'énergie solaire est "moins" ou " peu" polluante. La quantification des effets externes de toute technologie est, on le sait, extrêmement difficile et le solaire n'échappe pas à cette règle. Le gain en nuisances obtenu en utilisant l'énergie solaire plutôt qu'une autre source dépendra des applications, des tech-niques utilisées et de beaucoup d'autres facteurs. Il est réel mais les évaluations diffèreront selon l'origine des études, où la part de l'idéologie n'est souvent pas négligeable (pro ou anti nucléaire/solaire). L'énergie solaire est gratuite Juste. Mais il est aussi vrai de dire que le pétrole, le charbon
ou l'uranium sont gratuits.
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| Toutefois, contrairement aux sources d'énergie
épuisables, le fait d'utiliser l'énergie solaire aujourd'hui
n'en prive personne dans le futur. Ce fait n'est pas reflété
dans le prix des énergies tel qu'il se pratique aujourd'hui.
Enfin, l'énergie solaire utilisée de façon décentralisée transforme l'utilisateur en (auto)producteur avec tous les problèmes que cela pose (gestion de la puissance de pointe, suivi à long terme, calcul du prix de revient au kWh produit et non pas au m2 installé, ...). Un côté positif est la prise de conscience par l'utilisateur des problèmes liés à la production et à la distribution de l'énergie. Cela constitue également un frein pour son développement. Il est difficile de traiter à fond ce sujet en quelques lignes -et même en quelques pages. On se rapportera par exemple aux références[7 et 8] pour un tour d'horizon Suisse et mondial. Nous nous bornerons a décrire les applications principales de l'énergie solaire. La production d'énergie thermique Il s'agit de l'utilisation la plus ancienne et la plus aisée
dont on considérera 3 applications:
a) l'eau chaude sanitaire
Les capteurs solaires utilisés aujourd'hui ne sont guère différents de celui de Saussure. Une plaque noircie transforme le rayonnement solaire en chaleur qui est évacuée par un fluide, en général de l'eau. Cette plaque est plus ou moins isolée de l'air extérieur selon la température à atteindre. On trouve actuellement des fabricants dans tous les pays du monde pour des produits de qualité et de prix très divers. (suite)
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Pratiquement tous les problèmes techniques liés à cette utilisation du solaire ont été résolus; on dispose d'outils de dimensions ayant fait leur preuve, des professionnels compétents existent. La possibilité la plus intéressante a été cernée: le préchauffage de l'eau chaude sanitaire dans des immeubles collectifs d'au moins une dizaine de logements et à raison d'environ 0,5 m2 à 1m2 de collecteur par habitant, couvrant entre 33 et 50 % des besoins d'énergie pour l'eau chaude domestique d'un Européen moyen. Chaque mètre carré économise environ 80 litres de mazout par an et a un rendement énergétique situé entre 35 et 50%. Et pourtant, cette possibilité simple d'utilisation du solaire est encore peu usitée. Outre les problèmes économiques (on sait faire du kWh solaire - chaleur au même prix que le kWh électrique, soit 3 fois plus cher que le kWh mazout), il faut mettre en avant 2 raisons: - l'inadaptation de l'organisation des métiers du bâtiment à la construction de projets de production d'énergie; - la difficulté pour le propriétaire de reporter les investissements réalisés sur les charges: l'économie est donc réalisée par le locataire alors que c'est le propriétaire qui a investi. Les constructions de systèmes solaires de préchauffage se font donc essentiellement sur des petits bâtiments privés, alors que ce sont les grands ensembles qui présentent le plus d'intérêts grâce au facteur d'échelle qui en diminue le prix et à une demande plus régulière. Il n'est pas étonnant que les pays disposant de nombreuses installations de ce type soient les pays ensoleillés (Israël, Grèce...) et ceux possédant une structure d'habitat à dominante individuelle (Australie, Etats-Unis...). On peut toutefois noter certains exemples d'installation à grande échelle de préchauffages solaires de l'eau chaude sanitaire sur des bâtiments locatifs, comme le réalise la ville de Genève[9]. Mais ceci est dû essentiellement à une volonté politique affirmée de rationalité énergétique de la part des responsables en place. La totalité des bâtiments construits pendant les années 60 seront à rénover dans ces prochaines années et il y aurait là une bonne occasion d'augmenter la part du solaire dans notre approvisionnement énergétique. Ces immeubles sont très souvent la propriété de groupes privés - banques, assurances - et, pour les raisons évoquées plus haut, on peut craindre que seule une infime partie d'entre eux seulement soient équipés de capteurs solaires pour le préchauffage de l'eau chaude et ceci malgré les subventions existantes. b) l'eau chaude industrielle Il s'agit de maintenir de l'eau à des températures supérieures à 80oC pour des usages industriels, médicaux ou autres. Pour ce faire, des capteurs solaires plus perfectionnés, donc plus onéreux, doivent être utilisés si l'on veut maintenir un rendement correct pour l'installation (>25%). p.21
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| Pour cette application "haute" température on utilise
généralement des capteursévacués, c'est-à-dire
dont l'isolation est réalisée par un vide poussé (dit
secondaire). Leur température maximum de travail est de 300oC.
Plusieurs expériencas pilotes ont été bien suivies de part le monde, notamment en Suisse, et les conclusions obtenues sont les suivantes[10]: 1) Les collecteurs solaires nécessaires existent commercialement et sont techniquement au point. Des installations travaillant à plus de 80oC, été comme hiver, dépassent le seuil des 30% de rendement. 2) Les coûts sont encore trop élevés pour pouvoir espérer faire décoller le marché. Mais d'autre part il faudrait un marché minimum pour pouvoir accéder à la baisse des coûts résultant d'une production de masse. Le cercle vicieux dure depuis 10 ans et aucune amélioration n'est en vue. 3) Une surveillanoe minimum des installations est nécessaire. Faute de quoi, des pannes surviennent par manque d'entretien et donnent une mauvaise image de cette technologie. Un effort dans le sens d'une augrnentation de la fiabilité est à réaliser et ne s'acquiert qu'en expérimentant. Il faudrait aussi développer un service d'entretien organisé et bon marché comme c'est le cas pour les installations de chauffage domestique par exemple. c) le chauffage des bâtiments Un bâtiment moyen en Suisse est chauffé à raison d'environ 10% par le soleil. On peut sans trop de problèmes monter cette part à 20-30 % en utilisant mieux le rayonnement solaire à disposition. Certaines maisons du plateau suisse sont même uniquement alimentées par l'énergie solaire (y compris l'électricité). Il y a donc de belles perspectives pour ce qu'on appelle l'architecture bioclimatique[11]. Une des plus belles découvertes de l'homme est à la base de l'utilisation passive du rayonnement solaire: le verre. Grâce à ses propriétés optiques, ce matériau réalise l'effet de serre et reste aujourd'hui extrêmement intéressant aussi bien pour l'éclairage que pour le chauffage. Des grands noms d'architectes, comme Frank L.Wright ou Le Corbusier sont associés à une reprise en compte du climat dans le bâtiment. De nombreux systèmes passifs de captation solaire ont été expérimentés et sont basés sur les 3 principes suivants: capter, stocker et restituer (serre, veranda, atrium, double peau, mur trombe...). La qualité des vitrages progresse sans cesse: le double vitrage se fait peu à peu détrôner par les vitrages sélectifs qui permettent, pour une transmission du rayonnement solaire à peine plus faible, de réduire les pertes thermiques de moitié. Les derniers produits actuellement mis sur le marché réduisent encore ces pertes à des valeurs équivalentes à celle obtenue avec 5 cm d'isolation, et laissent passer environ 50% du rayonnement solaire. De tels vitrages, qui ont un bilan thermique hivernal positif même au Nord, se composent de 3 couches de verre et ne mesurent que 3 cm d'épaisseur. (suite)
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Les systèmes actifs, identiques à ceux utilisés pour l'eau chaude, sont en général peu adaptés au chauffage des bâtiments et un investissement dans les économies d'énergie est souvent préférable. On peut toutefois les utiliser pour certains cas précis: climat de montagne aux hivers longs, froids et ensoleillés, couplage avec une utilisation estivale (piscine...), stockage saisonnier. L'utilisation d'un stockage saisonnier de la chaleur demande de gros
investissements qui ne sont raisonnables que si la taille du stockage est
suffisante pour limiter les pertes thermiques relativement à la
quantité de chaleur stockée. La capacité
thermique minimum requise va dépendre de la qualité de l'isolation.
Pour les stocks peu ou pas isolés, elle est d'environ 50 GJ/kg,
soit 20'000 m3 de terre ou 10'000 m3 d'eau[12].
Des stocks plus petits demandent une isolation très poussée
dont le volume peut atteindre le volume de stockage actif. Quatre types
de stockage ont été expérimentés:
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| Le rendement moyen des capteurs solaires est de 29% et
les pertes sur un cycle annuel représentent environ 25% de la chaleur
stockée.
Les stocks en terre avec excavation et échangeurs de chaleur horizontaux. C'est la solution la moins intéressante: elle est chère, peu sensible à l'effet d'échelle et les puissances d'échange restent limitées. En Suisse, 11 installations ont été recensées depuis 1973 et cinq nouveaux projets sont en préparation. Le leader mondial reste sans conteste la Suède. Les freins au développement de cette technologie sont les suivants: - chaque site est spécifique et nécessite une étude (pas de système clef en main);
La production d'énergie électrique La production mondiale d'énergie hydraulique (énergie solaire indirecte) représentait en 1985 environ 450 MTEP, soit un peu moins de 20% de l'électricité produite et 6% de l'énergie primaire totale consommée (contre respectivement 330 MTEP, 13% et 4% pour l'énergie nucléaire). Le potentiel de développement au sud est encore très important. Quant à l'énergie éolienne, elle se développe lentement (*)et de façon très diverse d'un pays à l'autre. Ainsi en Europe, si 520 MW de puissance éolienne ont été installés au Danemark, on en trouve seulement... 3 MW en France, qui possède pourtant plusieurs milliers de km de littoral, en général venteux. Deux autres possibilités s'offrent pour transformer directement l'energie solaire en électricité: la voie thermique et la voie photovoltaïque. Regardons-les plus en détail: a) La voie thermique Le rayonnement solaire est concentré pour obtenir un fluide à haute température permettant d'actionner une turbine couplée à un générateur électrique. Elle n'utilise que le rayonnement direct et ne fonctionne bien que dans les zones très ensoleillées. Plusieurs centrales solaires ont été expérimentées, principalement aux Etats-Unis (déserts californiens), mais une seule méthode s'est avérée commercialement viable, qui est basée sur une faible concentration du rayonnement solaire sur des tubes évacués dans lesquels circule un fluide calopoiteur. Basées sur ce principe, les 9 centrales de Luz, en Califomie, atteignent une puissance totale de 300MWe. Elles produisent de l'électricité pour 300'000 personnes à un prix compétitif (environ 12 cents le kWh) puisque vendue aux heures de pointe. (suite)
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L'entreprise israélo-américaine
Luz
prétend
ainsi pouvoir fournir de l'électricité solaire bon marché
en utilisant de préférence le désert et, contrairement
à ce que l'on pourrait penser, ne consommant pas plus d'espace que
les autres techniques de production[14]. Beaucoup
de pays du Sud pourraient ètre intéressés pour alimenter
les réseaux électriques présentant une forte pointe
de demande aux heures les plus ensoleillées (refroidissement)[8].
Ce type de centrales a peu d'avenir en Suisse (climat non adapté,
sauf en région alpine) et n'a aucune utilité pour les habitants
des zones isolées où le réseau électrique n'existe
pas.
b) La voie photovoltaïque Il s'agit de la voie royale pour le solaire: l'énergie solaire se transforme directement en électricité à l'intérieur d'un matériau. Il n'y a ni usure (aucune pièce en mouvement), ni entretien, ni fluide, ni fumée. Le principe de l'énergie photovoltaïque est le suivant: à l'intérieur de certains matériaux, la lumière absorbée est capable de mettre en mouvement les électrons qui s'y trouvent, créant ainsi un courant électrique utilisable. Les semiconducteurs sont un milieu favorable, sous forme monocristalline, polycristalline ou amorphe. D'autres matériaux plus complexes sont actuellement en développement, comme les films semiconducteurs nanocristallins colorés de Graetzel (Ecole polytechnique fédérale de Lausanne)[15]. Toutes ces cellules produisent un courant électrique proportionnel à la lumière incidente et à un potentiel à peu près constant (1/2 à 1 volt par cellule). Le groupement de cellules en panneaux et de panneaux entre eux permet de générer courants et tensions continus aux valeurs désirées. Pour les petits systèmes isolés, indépendants et autonomes, les panneaux doivent être couplés à des batteries permettant le stockage de l'énergie et auxquelles se raccorde l'utilisateur. Ce type de systèmes est de plus en plus employé dans les zones isolées, dans les pays du Nord comme dans les pays du Sud. Ils délivrent en fait plus des prestations (éclairage, frigo...) que du kwh. Ils apporteront sans doute beaucoup à l'amélioration des conditions de vie des habitants du Sud sans que cela soit réellement visible sur les statistiques: l'énergie produite n'est pas vendue mais utilisée directement par le propriétaire du système. Une autre possibilité est de coupler directement les panneaux sur le réseau électrique par le biais d'un onduleur qui transforme le courant continu en courant alternatif. Un ou plusieurs utilisateurs peuvent se connecter entre l'onduleur et le réseau. Un comptage électrique est alors réalisé sur les flux entrant et sortant. La puissance des centrales photovoltaïques est modulable depuis quelques watts jusqu'à quelques MW ou plus. Indépendamment de leur qualité, chaque W photovoltaïque installé fournit environ 1 kWh d'électricité chaque année à Genève, 2 kWh dans les pays les plus ensoleillés. Chaque m2 de cellules fournissent environ 100 W. p.23
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| Si l'on se base sur les expériences de laboratoire,
on peut penser que les rendements des cellules peuvent tripler à
l'avenir en passant de 10 % à 30%. Dans ce cas, en couvrant les
toits de 10'000 immeubles de 50m2 de cellules solaires, on pourrait
produire environ 10% des besoins genevois.
Le prix de l'énergie photovoltaïque est encore élevé; un ordre de grandeur supérieur à celui du marché actuel. Si l'on considère une baisse du prix de l'unité électrique photovoltaïque produite de 50% tous les 10 ans, ce qui a été grossièrement observé ces 2 dernières décennies, il faudrait attendre une trentaine d'années pour que l'électricité photovoltaïque soit commercialement rentable en plus de ses autres qualités. Avec les techniques actuelles, cette baisse de prix est hypothétique car on ne sait pas quel potentiel d'amélioration existe encore. Le développement des cellules de Graetzel à coût nettement plus bas (1/6)15 laisse pourtant présager un avenir meilleur à cette technologie. Il faut distinguer les pays du Nord (en fait plus au nord que le 30e à 40e parallèle de l'hémisphère nord) et les pays du Sud (le reste): |
- au Nord, les besoins énergétiques
sont souvent plus marqués quand le soleil est le moins présent
et l'espace est limité (régions urbaines importantes et espace
rural dévolu à l'agriculture qui a déjà besoin
de l'énergie solaire);
- au Sud les besoins en énergie et l'énergie solaire sont en phase, de grandes surfaces sont souvent disponibles. - au Nord, la consommation d'énergie doit être réduite et la priorité doit être donnée à l'utilisation rationnelle de l'énergie. La substitution des énergies polluantes par des non ou moins polluantes, et des énergies épuisables par des renouvelables, devraient accompagner les économies d'énergies - au Sud, la production doit être de toute façon augmentée pour faire face à l'explosion démographique et permettre un développement économique. Mais celui-ci ne pourra être durable que si l'utilisation de l'énergie se fait également de façon rationnelle, ce qui nécessite de transférer la technologie adéquate. L'énergie solaire a un beau rôle à jouer pour la production pour autant qu'elle continue à progresser techniquement et qu'elle se rapproche des coûts des autres énergies. Cela nécessite d'encourager les efforts de recherche et de développement et, en parallèle, d'agir sur le prix des autres énergies pour prendre en compte les coûts externes liés à leur utilisation. p.24
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(*) Document écrit en 1994 avant le "boom"
éolien !…
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1. R. KANDELet Y. FOUQUART, "Le bilan radiatif de
la terre", in La Recherche, 241, vol. 23, mars 1992.
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2. B. W. ATKINSON, The Urban Atmosphere, Cambridge
University Press, 1985.
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3. G. ESCOURROU, Le climat et la ville, Nathan
Université, 1991.
4. "Urban Climatology and its Applications with Special Regard to Tropical
Area", Proceedings of the Technical Conference of Mexico, WMO, 1984.
5. H. E. LANDSBERG, The Urban Climate, Academic Press, 1981.
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6. H. GREPPIN, "Régulation et limite démographique",
in SEBES, Editions Médecine et Hygiène, Genève,1993-94.
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7. H. FICHER, T. WEISSKOPF, G. KREBS, E. LEDERGERBER,
Programme
du groupe d'action Energies renouvelables, Energie 2000, Département
fédéral des transports, des communications et de l'énergie,
Berne, mai 1993.
8. B. DESSUS, Atlas des énergies pour un monde vivable, Syros,
Paris, 1994.
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9. C. MACHEREL et G. KREBS, "Installations solaires
de préchauffage de l'eau chaude sanitaire", Cahiers du service
du chauffage de la ville de Genéve no3, 1990.
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10. J. HURDES et B. LACHAL, Industrial Solar Heat,
Delta
energy, CH-8197 Rafz, 1986.
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11. "DIAS", logiciel développé par
W. WEBER, Centre universitaire d'étude des problèmes de l'énergie,
Genève, 1994.
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12. D. PAHUD, Analyse énergétique
de l'immeuble industriel Marcinhès à Meyrin, thèse
no 2645, Université de Genève, 1993.
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13. Swedish Council for Building Research, Solar
Heat in the Rock, Stockholm, 1985.
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14. R.N. ROSTVIK, The Sunshine Revolution, Sun-lab,
Steingt. 87, 4024 Stavanger, Norvège, 1992.
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15. P. BONHOTE et M. GRAETZEL, Développement
d'un nouveau type de cellules solaires basées sur des films semi-conducteurs
nanocristallins, Institut de chimie physique de l'Ecole polytechnique
fédérale de Lausanne, dans le présent volume de Stratégies
énergétiques, Biosphère & société.
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