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Le Premier Principe de la thermodynamique exprime
le bilan des différentes formes d'énergie relatives à
un système subissant des transformations quelconques. Il tient compte
des divers transferts d'énergie entre ce système et l'extérieur,
mais ne prend en considération ni la "qualité" de l'énergie,
ni son "niveau". Il considère toutes les transformations comme également
possibles. Il ne tient pas compte du caractère d'irréversibilité
d'une opération et ne se prononce pas sur la notion d'équilibre.
C'est un principe d'équivalence. Or, quant à la "qualité",
il n'est pas équivalent de fournir du travail ou de la chaleur.
Quant au "niveau", il n'est pas non plus équivalent de fournir de
la chaleur à haute ou à basse température.
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En effet, encore aujourd'hui, beaucoup d'énergéticiens
croient pouvoir faire l'économie de la notion d'entropie. Tout se
passe comme si le caractère abstrait de cette notion constituait
un seuil difficile à franchir, et que l'investissement à
consentir pour franchir l'obstacle était disproportionné
par rapport au bénéfice à escompter. La conséquence
dramatique de cette pusillanimité est que ces énergéticiens
tournent en rond à l'intérieur du cercle rassurant du Premier
Principe et qu'ils passent à côté des fabuleuses richesses
du Deuxième Principe. Mais les temps changent, et il est intéressant
de constater combien le spectre de la pénurie et la dégradation
de l'envirormement éveillent l'intérêt scientifique
et catalysent les efforts en vue de l'application pratique du Deuxième
Principe.
La nécessité impérieuse de mettre en oeuvre simultanément les Premier et Deuxième Principes a conduit à l'élaboration de la théorie de l'exergie qui fait l'objet principal de cet exposé. LE DEUXIEME PRINCIPE DE LA
La tendance naturelle d'un système isolé est d'évoluer de l'ordre vers le désordre, c'est-à-dire dans le sens de la plus grande probabilité thermodynamique. Pour illustrer cette tendance, on prend en général un système contenant des molécules. Dans ce rappel, je préfère prendre une maison contenant des papillons de différentes couleurs, en nombre égal pour simplifier. p.19
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| A l'instant initial, le système est en équilibre
stable
et l'ordre règne dans la maison, car les papillons sont groupés
par couleur, tous les bleus dans une pièce, tous les verts dans
une autre, tous les jaunes encore dans une autre, etc. Maintenant, j'ouvre
toutes les portes intérieures de la maison. Les papillons vont se
mélanger d'une façon aléatoire (Je fais ici abstraction
des affniités biologiques). Le système est en déséquilibre
et
évolue vers un joyeux
désordre. Il ne retrouvera un
équilibre stable que lorsqu'il aura atteint le désordre maximum,
qui correspond d'ailleurs à l'équipartition des différentes
couleurs dans toutes les pièces.
Au point de vue statistique, le système a évolué d'une configuration à probabilité faible vers une configuration à probabilité élevée. Voici plus d'un siècle, BOLTZMANN a eu l'idée d'associer l'entropie S à la mesure de la probabilité P. En vertu du principe de Boltzmann (S = k ln P), nous disons que le système a évolué d'un état à entropie faible vers un état à entropie élevée, et cela jusqu'à l'état d'entropie maximum . Il n'y a pratiquement aucune chance pour que les papillons se reclassent spontanément par couleur dans les différentes pièces. On dit qu'il s'agit d'une opération irréversible et que le système s'est dégradé. Tout ce processus obéit au Deuxième Principe de la thermodynamique, qui dit que l'entropie S d'un système isolé ne peut qu'augmenter ou à la limite rester constante, ou encore que la création d'entropie Si, due aux irréversibîlités internes (frottement, transfert-chaleur avec chute de température, diffusion, réaction chimique, conduction électrique, ...) ne peut être que positive ou nulle (S i >= 0). ÉNERGÉTIQUE FONDÉE SUR LE PREMIER PRINCIPE
?nt donné que le Premier Principe exprime
la conservation de l'énergie, il est inadéquat pour mettre
en évidence la notion de perte thermodynamique. En effet,
la manipulation d'un système quelconque consiste toujours à
recevoir de l'énergie sous une ou plusieurs formes possibles et
à en donner également sous une ou plusieurs formes. Il en
résulte que toute définition correcte de "rendement thermique"
doit, en toute rigueur, conduire à l'unité, c'est-à-dire
à 100 %, ce qui évidemment n'apporte aucune précision
intéressante.
(suite)
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suite:
Par exemple, l'efficacité ? = E/Q d'un moteur thermique bitherme (c'est-à-dire fonctionnant à l'aide de deux sources thermiques), connue sous le nom de "rendement thermique" est le rapport entre le travail E donné par le moteur et la chaleur Q reçue de la source chaude . Cette définition a été établie pour un système en régime permanent, à partir de la considération suivant laquelle la chaleur Q, reçue d'une source chaude coûte quelque chose, alors que celle Qa donnée à la source froide (l'atmosphère), étant inutilisable pour l'ingénieur, constitue une perte. Il faut reconnaître que cette définition bien qu'universellement utilisée et si intéressante qu'elle soit à certains égards, est inadéquate pour caractériser le degré de perfection, c'est-à-dire la qualité thermodynamique d'une installation au sens de l'énergétique thermodynamique. En fait, elle résulte d'un mélange de différentes notions. D'une part, le fait de combiner le travail E et la chaleur Q comme telle repose sur le Premier Principe. D'autre part, le fait de considérer la chaleur Qa fournie à l'atmosphère comme une perte est en relation avec le Deuxième Principe. Mais il y a contradiction entre le fait de comptabiliser comme telle la chaleur Q, sans tenir compte du niveau de température auquel elle est reçue, et le fait de comptabiliser comme nulle la chaleur Qa, en tenant compte implicitement du niveau de température Ta auquel elle est donnée. Cette incohérence apparaît de façon éclatante quand on considère une installation qui reçoit et donne des chaleurs à différents niveaux de température. Par exemple, Si la chaleur Qh (auparavant Qa ) est fournie non pas directement à l'atmosphère, mais à un réseau de chauffage à une température Th légèrement plus élevée que Ta (cogénération), il est impossible de définir un "rendement thermique" intéressant. En effet, d'une part, si l'on ne tient pas compte de Qh, on commet une incorrection, puisque Qh constitue également une prestation de l'installation. D'autre part, si l'on en tient compte, on obtient un résultat trivial, puisque la définition de l'efficacité ? = (E + Qh)/Q = 1 = 100 % ne fait qu'exprimer le Premier Principe. A mon avis, la définition actuelle du "rendement thermique" résulte d'une extension abusive de celle du "rendement de Carnot", cette dernière étant déjà une extension abusive de notions, par ailleurs extrêmement fécondes, dont le mérite revient effectivement à Carnot. Mais il convient de remarquer immédiatement que ce sont ses successeurs, et non pas lui-même, qui ont baptisé "rendement de Carnot" l'expression ? = 1 - Ta/T exprimant l'efficacité d'un moteur thermique qui serait parfait. (Voir plus bas) Tout en reconnaissant les bonnes intentions qui ont certainement été à son origine, je pense que cette initiative était malheureuse et qu'elle a considérablement r?rdé l'introduction des notions correctes de pertes et de rendements thermodynamiques. D'ailleurs, on sait que l'extension de la même définition aux installations de chauffage et de réfrigération conduit à des chiffres qui se révèlent étonnants, voire extravagants, si l'on conserve le terme de "rendement thermique". Exemples: Chauffage électrique direct ? = 1 = 100 %. Pompe à chaleur ? = 3,8 = 380 %. p.20
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ET DEUXIEME PRINCIPES Le Premier Principe de la thermodynamique étant
inadéquat pour caractériser les notions de "qualité"
et de "niveau" d'énergie, ainsi que celles de perte et de rendement
tbermodynamique, il convient de mettre en oeuvre simultanément les
Premier et Deuxième Principes de la thermodynamique.
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Tout bilan énergétique
fondé sur le Premier Principe exprime que la somme des énergies
fournies par un système est toujours égale à la somme
des énergies consommées par le système (conservation
de l'énergie). Les énergies peuvent se présenter sous
les formes de travail E (mécanique, électrique, ...),
de chaleur Q ou de transformation W.
Tout bilan exergétique fondé sur les Premier et Deuxième Principes (théorie de l'exergie) exprime que la somme des exergies fournies par un système est toujours égale ou inférieure à la somme des exergies consommées par le système (dégradation de l'énergie). Les exergies peuvent se présenter sous les formes d'exergie-travail E, d'exergie-chaleur Eq ou d'exergie-transformation Ew. La différence entre l'exergie consommée et l'exergie fournie est la perte exergétique L. L'exergie-travail E associée à un travail E est égale à ce dernier puisqu'il s'agit d'une énergie noble. L'exergie-chaleur Eq associée à une chaleur Q est le travail maximal qu'il serait théoriquement possible d'obtenir à partir de la chaleur Q à l'aide d'un moteur thermique parfait (réversible) fonctionnant entre les températures T et Ta. Il exprime donc la potentialité d'une chaleur quant à la production de travail. L'exergie-chaleur Eq = ? Q est obtenue en multipliant la chaleur Q par le facteur de Carnot ? = 1-Ta/T, où T est la température de la source de chaleur et Ta la température de l'atmosphère. L'exergie-transformation Ew associée à la transformation thermodynamique d'un système est le travail maximal qu'il serait théoriquement possible d'obtenir à partir de cette transformation à l'aide d'une transformation parfaite (réversible). Il exprime donc la potentialité de la transformation d'un corps quant à la production de travail. p.21
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| L'exergie-transformation Ew est obtenue
en introduisant les fonctions d'état du système, notamment
son entropie et les entropies des corps entrant ou sortant du système,
ainsi que la température Ta et la pression Pa
de l'atmosphère. Cette grandeur étant plus complexe que l'exergie-chaleur,
je renonce à la développer dans cet exposé.
La perte exergétique L associée aux irréversibilités du système est la diminution du travail obtenu à partir d'un système, par rapport au travail maximal qu'il serait théoriquement possible d'obtenir à l'aide d'opérations parfaites (réversibles). Elle exprime donc la perte de potentialité d'un système quant à la production de travail. La perte exergétique L = Ta Si est obtenue en multipliant la création d'entropie S i due aux irréversibilités internes du système par la température Ta de l'atmosphère.Elle est toujours positive en vertu du Deuxième Principe. Contrairement à un bilan énergétique, le bilan exergétique correspondant met bien en évidence la notion de perte thermodynamique. Il permet donc de définir la notion de rendement thermodynamique de façon claire et logique. D'une façon générale, nous appelons rendement exergétique le rapport entre la somme des exergies données et celle des exergies reçues par le système. Sa vertu principale est qu'il est toujours compris entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans le cas où le système ne fournit aucune prestation exergétique. Il serait égal à1, c'est-à-dire à 100 %, dans le cas où toutes les opérations qui interviennent seraient réversibles, c'est-à-dire parfaites au point de vue thermodynamique. La définition du rendement exergétique est donc tout à fait adéquate pour caractériser le degré de perfection, c'est-à-dire la qualité thermodynamique d'une installation au sens de l'énergétique thermodynamique. Exemples: Chauffage électrique direct ? = 0,07 = 7 %. Pompe à chaleur ? = 0,27 = 27 %. Dans ce qui suit, je présente quelques exemples montrant bien l'apport de la démarche exergétique par rapport à la démarche énergétique. ![]() MOTEUR THERMIQUE La figure 1 montre clairement
la différence entre les bilans énergétiques et exergétiques
d'un moteur thermique parfait.
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C'est comme si l'on ach?it 60 francs un papier dont la valeur nominale
est de 100 francs, et qu'on le revendait 60 francs. Ne serait-il pas aberrant
de dire que l'on a perdu 40 francs et que le "rendement" de l'opération
est de 60%?
La figure 2 représente le rendement
exergétique ?max = 1 et la variation de l'efficacité
?max = ? = 1 - Ta/T des moteurs thermiques
parfaits, en fonction de la température T de la source chaude,
avec en paramètre la température Ta de
l'atmosphère.
Comme nous considérons un moteur thermique
parfait au point de vue thermodynamique, les observations faites ci-dessus
confirment l'assertion selon laquelle la qualité thermodynamique
d'un processus n'est pas exprimée par la notion d'efficacité.
Cette dernière doit être considérée seulement
comme un chiffre caractéristique, et non pas comme un rendement.
En revanche, la qualité thermodynamique d'un processus est parfaitement
exprimée par la notion de rendement exergétique.
p.22
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| Cette performance très mauvaise correspond bien au fait que la transformation d'une énergie noble en énergie thermique à basse température est très fortement irréversible, donc provoque une énorme dégradation, donc entraîne une perte exergétique importante (voir fig. 6). Il apparait alors clairement (peut-être trop pour certains) que le chauffage électrique direct conduit à un gaspillage considérable de l'énergie primaire, quelle qu'elle soit (charbon, pétrole, gaz, énergie hydraulique ou nucléaire, ...). Il faut donc convenir que la performance de 100 % fondée sur le Premier Principe n'est absolument pas significative en matière d'économie énergétique. | Maintenant, je vais certainement me faire des amis en faisant remarquer
que si l'on tient compte d'un rendement exergétique de 40 % pour
obtenir l'énergie électrique nécessaire à partir
d'un combustible fossile ou nucléaire, le rendement exergétique
global
du chauffage électrique tombe à 3 % environ. Toutefois, si
je veux éviter une poussée trop forte d'adrénaline
chez les inconditionnels du "tout électrique", je dois tout de suite
ajouter que le chauffage direct à l'aide d'une chaudière
brûlant un combustible fossile (charbon, pétrole, gaz, ...)
ou d'un réacteur nucléaire n'est pas fameux non plus sur
le plan de l'économie énergétique, puisque son rendement
exergétique est de l'ordre de 5 % (à comparer aux 3 % ci-dessus).
p.24
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| Nous devons alors nous demander quels sont les systèmes
de chauffage les meilleurs au point de vue exergétique. Ce sont
ceux qui jouent astucieusement avec le Deuxième Principe. Les plus
importants sont la thermopompe et la cogénération,
chacun
de ces systèmes pouvant alimenter un réseau de chauffage
collectif à distance. Sans entrer dans les détails, on peut
dire que la thermopompe (voir fig. 7) est aussi un chauffage électrique,
mais qui permet d'obtenir un rendement exergétique 3 à 6
fois plus élevé que celui obtenu avec le chauffage électrique
direct. La cogénération est la production conjointe d'énergie
thermique et d'énergie électrique, à l'aide d'une
centrale combinée chaleur-électricité. Il n'est pas
possible d'en dire plus dans le cadre de cet article.
HISTOIRE DU VOLEUR DE FROID C'est l'été. Il fait 35oC à l'ombre. Dans une grande entreprise, un employé astucieux s'amène chaque jour à la pause avec un pique-nique bien frais (bière, yogourt, etc.), sous les yeux ébahis de ses collègues. Il est surveillé par son chef, qui découvre qu'il a réalisé dans le sous-sol une petite armoire frigorifique en grattant avec un grand couteau l'isolation d'une conduite traversée par du fréon à -15oC, puis en confectionnant autour de la conduite une petite armoire dans laquelle il place chaque matin son pique-nique (voir fig. 8). Le chef le traîne devant le patron, qui lui dit : "Monsieur, vous me volez !". Et l'employé répond: " Pardon, Monsieur le Directeur, c'est le contraire, car chaque fois que je laisse refroidir mon pique-nique, il y a de la chaleur qui passe de mon pique-nique à votre fréon. Je vous ai donné de l'énergie. Donc, je vous ai rendu service et vous devriez me remercier!" Fig.7 Bilans énergétique (a) et exergétique (b) d'un chauffage par thermopompe, à T = 20oC = 293K et Ta = 0oC = 273K (facteur de Carnot ? =1-Ta/T= 1 - 273/293 = 0,07). |
Alors? Qui a raison dans cette affaire ? Quel est celui qui a rendu
service à l'autre ? D'une part, il est juste de dire que l'employé
a fourni de l'énergie au patron. Et d'autre part, on sent bien que
c'est le patron qui a rendu service à l'employé. Donc ici,
les rôles de fournisseur et de client sont curieusement inversés,
quand on passe de la notion d'énergie à celle de service
rendu.
C'est là que les praticiens s'en tirent à l'aide d'une pirouette qui me fige d'admiration sur le plan psychologique, mais qui m'inquiète pour l'avenir de la science. Pour les besoins de la cause, les praticiens ont inventé la frigorie (c'est-à-dire la calorie négative !), ce qui permet au patron de répondre à son employé de façon péremptoire: "Vous m'avez bien donné des calories. Mais vous ne m avez pas rendu service, car, ce faisant, vous m'avez volé des frigories!" (Vous m'avez bien glissé 100 francs dans la poche. Mais vous ne m'avez pas rendu service, car, ce faisant, vous m'avez volé 100 anti-francs!). Eblouissant tour de passe-passe qui impressionne les foules, mais n'explique absolument rien. On voit bien dans cet exemple que la comptabilité énergétique fondée sur le Premier Principe est inadéquate en matière d'économie énergétique, car elle entretient une confusion mentale entre la notion d'énergie et celle de service rendu. En revanche, la comptabilité exergétique fondée sur les Premier et Deuxième Principes précise que le service rendu est l'exergie-chaleur Eq = ? Q, qui est toujours le produit de la chaleur Q par le facteur de Carnot ? = 1 - Ta/T. Mais cette fois-ci, la température T étant inférieure à la température atmosphérique Ta , ce dernier est négatif, de sorte que l'exergie-chaleur est de signe contraire par rapport à celui de la chaleur. En clair, c'est le travail minimal que le patron doit dépenser dans son installation pour extraire la chaleur du pique-nique de l'employé. C'est cela le service rendu (voir fig. 9). Nous constatons alors que tout rentre dans l'ordre avec clarté et élégance. p.25
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La comptabilité exergétique constitue un outil de travail extrêmement pratique dès que l'on veut mettre en évidence la qualité thermodynamique d'un système, quelles que soient sa taille, sa complexité et la nature des phénomènes dont il est le siège (élément, appareil, machine, installation, ...). Elle permet en effet de poser un véritable "diagnostic" concernant la "santé thermodynamique" du système, en décelant toutes les imperfections correspondant à l'enchaînement suivant: irréversibilité => création d'entropie => dégradation de l'énergie => perte En proj?nt une lumière crue sur les
défauts thermodynamiques d'un système, la comptabilité
exergétique
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En ce qui concerne les problèmes d'économie
énergétique , la comptabilité exergétique
est susceptible de faciliter le choix des options énergétiques
et d'orienter certaines décisions dans le cadre d'une conception
globale de l'énergie. Il est en effet possible d'effectuer l'analyse
exergétique du système énergétique d'un
pays entier. Cette méthodologie présente l'avantage de tenir
compte systématiquement, non seulement des importations et des exportations,
mais encore des accumulations d'énergie (stockages) à l'intérieur
du système énergétique du pays.
L'analyse exergétique fait bien ressortir les défauts de la gestion de l'énergie entre les niveaux intermédiaire et utile. Cette constatation est évidemment valable, actuellement, pour tous les pays à niveau de vie élevé. Elle concerne surtout le chauffage des locaux, où le niveau de température requis est très bas, puisqu'il est de l'ordre de 20oC. Il est clair que la mauvaise gestion doit être corrigée par un choix judicieux des chaînes énergétiques, c'est-à-dire des vecteurs énergétiques et des technologies énergétiques. La comptabilité exergétique permet également de déterminer les prix respectifs des différentes formes d'énergie de façon logique et cohérente. Il en résulte qu'en principe le commerce de l'énergie doit faire intervenir l'achat ou la vente non pas de l'énergie elle-même, mais des valeurs exergétiques correspondantes. La comptabilité exergétique offre un support consistant pour la tarification de l'énergie. p.26
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Le Deuxième Principe de la thermodynamique
et la notion d'entropie sont en train d'envahir, non seulement la pensée
scientifique, mais toute la pensée contemporaine:
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Par contre, l'énoncé d'un chiffre de performance de 7
% (au lieu de 100 %) pour le chauffage électrique direct par exemple
est de nature à sensibiliser n'importe qui au vrai problème
de la dégradation de l'énergie, même s'il s'agit d'un
politicien ou d'un juge, qui connaît à peu près tout,
sauf la thermodynamique".
Certes, pour acquérir la maîtrise de la démarche exergétique, l'ingénieur, le praticien ou le particulier doit consacrer un peu de temps et consentir à un certain effort. Mais cette acquisition se révèlera très rapidement payante. En effet, de même que l'engagement d'un bon comptable permettra d'améliorer la gestion d'une entreprise, l'acquisition de la comptabilité exergétique permettra d'améliorer la compréhension, la conception et l'évaluation de tout système énergétique. Dans certains cas, elle rend même dérisoires les contorsions intellectuelles et les acrobaties dialectiques auxquelles doivent se livrer les énergéticiens qui prétendent pouvoir traiter les problêmes énergétiques de notre époque en faisant l'économie de la notion d'entropie. p.27
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