| L'expérience récente
des mouvements antinucléaires européens met en lumière
la nécessité d'une meilleure coordination Internationale.
Des antinucléaires français, suisses, belges, anglais, espagnols,
italiens, allemands, polonais et soviétiques se sont unis à
deux reprises ces derniers mois, à Paris, puis à Lyon, pour
tenter de cerner les besoins. Ceux-ci sont de deux ordres. D'une part,
il faudrait pouvoir coordonner les informations sur ce qui se fait, ou
qui pourrait se faire, dans les divers pays et champs d'activité.
D'autre part, il faudrait pouvoir mener certaines initiatives communes
à l'échelle internationale.
A. La coordination des informations
(suite)
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suite:
B. Des initiatives internationales La nécessité de mener certaines actions sur un plan international est de plus en plus évidente. A quoi sert-il d'abolir le nucléaire en Scandinavie, en Autriche ou en Italie si les populations restent sous la menace de centrales françaises, anglaises ou est-européennes? Les nucléocrates se sont déjà accommodés de cette situation, notamment par le biais des accords de libre passage de l'électricité négociés dans le Marché commun. A l'avenir, celle-ci se déplacera presque aussi librement qu'un nuage radioactif. À L'OUEST,
La réunification de l'Europe pose cette
question de façon urgente, car l'industrie nucléaire
a tiré rapidement ses conclusions à elle de la catastrophe
de Tchernobyl: «Il faut remplacer le parc nucléaire d'Europe
de l'Est par du made in EEC»... Les populations de ces régions,
en proie à des pollutions graves provenant de centrales à
charbon démodées, et assez facilement persuadées que
tous leurs maux sont spécifiquement soviétiques, sont en
passe d'accepter cette option, parfois avec la bénédiction
de certains écologistes locaux mal informés. Et si le lobby
nucléaire parvient à se refaire une santé économique
en Europe de l'Est, il sera bien placé pour s'imposer une fois de
plus ici, dans cinq à dix ans, quand la question du remplacement
du parc actuel se posera.
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CRÉER UNE INSTANCE INTERNATIONALE A plus long terme, un but encore plus ambitieux
se précise: voir se constituer une instance, ou référence,
antinucléaire et en faveur des énergies alternatives, qui
puisse faire pendant, aux yeux de l'opinion publique mondiale, aux organisations
plus ou moins ouvertement pronucléaires, telles que le CIPR, l'AIEA,
l'OMS, etc. Le «réseau» en gestation vise à protéger
le terrain pour une telle instance, qui devrait peut-être en être
distincte.
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POLITIQUES ET FINANCIERS Pour aboutir, le projet de «réseau»
(son nom exact reste à déterminer) doit réussir à
harmoniser l'action d'organisations de différents types. Pour l'instant,
le «réseau» est constitué essentiellement par
des représentants d'organisations engagées dans des luttes
spécifiques (Superphénix, Fessenheim, Golfech,
Nogent, Neuvy-Boin, SOS Tahiti, ainsi que contre des sites en Pologne,
RDA, Espagne et URSS). Militants très sollicités «de
base», ils seraient ravis si une des grandes organisations internationales
de défense de l'environnement prenait en charge ces problèmes!
En attendant, et pour atteindre leurs objectifs, ils doivent obtenir au
moins la collaboration et le soutien d'organisations plus puissantes. Les
verts du Parlement européen ont fourni l'infrastructure
de la première réunion, et pourraient mettre à disposition
des locaux et certains services à Bruxelles. Toutefois, ce soutien,
bienvenu mais absolument insuffisant, ne doit pas être interprété
comme une mainmise politique qui bloquerait d'autres sources possibles
de financement parmi les organisations, institutions et partis opposés
au nucléaire. Une diversité de sources est essentielle, car
cette organisation doit être clairement à la fois indépendante
et au service de tous.
Contact à Genève: Olivier de Marcellus, tél. 734.74.64. p.104
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