| Société d'Etude
de l'Environnement Rue du Midi 33 1800 Vevey (Suisse) Tél. 021/921.05.15 Fax 021/921.05.57 SEDE SA
Concerne: Visite en URSS d'une mission d'enquête sur les conséquences
de l'accident de Tchernobyl, présidée par
M. Donath du Département de «Médecine nucléaire»
de l'Université de Genève
Monsieur A. Ogi Département fédéral des Transports, Communications et de l'Energie 3003 Berne, 10 juillet 1990 Monsieur, Un article paru dans le «Journal de
Genève» a porté à l'attention du public qu'une
délégation présidée par M. Donatb va visiter
prochainement la région de Tchernobyl pour enquêter sur les
conséquences de la catastrophe nucléaire du 26.4.86. Cette
enquête serait faite à la demande du Conseil fédéral
P. Lehmann
Copie à:
Mr I. Rens, APAG, 4, rue John-Rehfous, 1208 Genève. de l'Office fédéral de l'énergie 3003 Berne Monsieur P. Lehmann
Monsieur,
SEDE SA Rue du Midi 1800 Vevey 3003 Berne, 30 juillet 1990 Votre lettre du 10 juillet 1990 m'a été
transmise afin d'y apporter une réponse.
(suite)
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suite:
L'équipe allemande était composée
de médecins du travail et de protection radiologique.
Office fédéral de l'Energie Le directeur
Société d'Etude
Kiener Copie à: Office fédéral de la santé publique, Berne de l'Environnement Rue du Midi 33
SEDE SA
Monsieur A. Ogi
1800 Vevey, 12 juillet 1990
Monsieur, La Suisse fait retraiter les éléments
combustibles irradiés de ses centrales nucléaires dans les
usines de retraitement de La Hague en France et Sellafield en Angleterre.
La raison avancée pour ce choix est la préservation des ressources
d'énergie nucléaire (Resourcenschonung Ref 1).
p.105
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| en cours de correction...
Greenpeace vient de publier une analyse très approfondie des problèmes liés au retraitement du combustible irradié. Cette étude du Dr H. Hirsch et de M Schneider est intitulée «Wiederaufkreitung in Europa, Wackersdorf ist tot - es lebe La Hague ?». J'ai demandé à Greenpeace d'en envoyer un exemplaire au directeur de la DSN, M. Roland Nägelin. Comme le montre ce travail, le retraitement du combustible irradié s'avère de plus en plus être un non-sens économique (ökonomischer Unsinn). Cela n'est du reste pas si étonnant, puisqu'en 1981, l'ingénieur du CEA Jean-Louis Frensch avait déja prédit que le retraitement ne serait jamais une proposition commerciale (cité par Hirsch et Schneider). Le retraitement était une nécessité dans l'optique de la surgénération. Mais la surgéneration ne fonctionne pas (Superphenix n'est plus un surgénérateur), et n'a aucune chance de fonctionner dans un avenir prévisible. C'est une proposition qui a pu paraître séduisante sur le papier, mais comme cela arrive souvent, le diable est dans le détail. Les difficultés rencontrées avec Superphénix et avec les autres surgénérateurs dans le monde (à peine une dizaine sur un parc mondial de quelque 440 centrales nucléaires) montrent clairement que la surgénération est une vue de l'esprit. Par ailleurs, comme le démontrent Hirsch et Schneider, la solution constatant à utiliser le plutonium extrait à La Hague ou Sellafield dans des centrales classiques (éléments MOX) n'estpas viable économiquement et pose de nombreux problèmes techniques. De plus, même si l'option MOX* était poursuivie, elle ne permettrait pas à terme d'utiliser tout le plutonium produit par les usines de retraitement. On s'achemine ainsi vers une accumulation de plutonium dont on ne va pas savoir que faire. Ce problème est très inquiétant. Comme l'indique un article paru dans le «Sunday Correspondent» du 8.7.90, les accords de réduction des armements nucléaires voient les USA et l'URSS confrontés au problème de trouver un moyen pour se débarrasser de 200 tonnes de plutonium de qualité militaire (analogue à celui qu'aurait dû produire Superphénix). Aucune solution ne semble en vue, à telle enseigne qu'on a même envisagé de le diluer (dans quoi?) jusqu'à des concentrations très faibles, pour simplement le rejeter dans l'environnement. La poursuite de l'option du retraitement va donc ajouter inexorablement des tonnes de plutonium aux stocks déjà existants. Le stockage de cet élément indésirable va progressivement devenir un épouvantable cauchemar. Je rappelle que 6 kg de plutonium suffisent à faire une bombe atomique capable de détruire une cité entière et que l'inhalation de plutonium est dangereuse au niveau du microgramme. En tant que responsable de la politique énergétique suisse, il vous appartient de mettre fin à ce non-sens. En renonçant à l'option du retraitement, la Suisse ne contribuera plus à l'augmentation dangereuse et inutile des stocks de plutonium. Par ailleurs, cela supprimera les transports lourds, onéreux et dangereux de combustibles irradiés entre la Suisse et la France ou l'Angleterre. Finalement, cela permettra de mettre plus aisément en oeuvre l'excellente proposition du Conseiller national Gilles Petitpierre, de stocker tous les déchets radioactifs produits par une centrale nucléaire sur le site même de cette centrale. Dans l'espoir que vous réaliserez l'importance de ce problème et prendrez la décision qui s'impose, je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. P. Lehmann
(suite)
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suite:
Ref 1: Lettre de la DSN à P. Lehmann, SEDE SA, du 4.9.89. Ref 2: Lettre de SEDE SA à R. Nägelin, HSK, du 26.7.89. Ref 3: Billet de R Lehmann à R. Nägehn, du 8.9.89. Copie pour information à:
Monsieur le Chancelier
Concerne: Suites à donner au Postulat Longet du 23 juin 1989
de la Confédération Palais fédéral 3003 Berne Genève, ce 29 juil. 1990 (No 89.571) Monsieur le Chancelier A la fin de la session de printemps de cette année, le Conseil national a adopté le postulat Longet concernant l'organisation d'un colloque scientifique contradictoire et public sur la problématique de la surgénération, sur le modèle de celui qui avait été organisé en 1982 à l'initiative du Conseil d'Etat de Genève et qui donna lieu à la publication, en 1984, de la brochure sous-mentionnée de l'Institut national genevois; l'APAG est très directement concernée par l'objet de ce postulat comme le signalent les documents ci-joints: 1. Statuts de l'APA G.
L'obiet de ces lignes est de vous prier
de bien vouloir signaler aux instances chargées de la réalisation
du postulat Longet que l'APAG souhaite être associée à
l'organisation du colloque demandé par ce postulat, pour ce qui
concerne la mise en place de la délégation de scientifiques
critiques.
p.106
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| Charles Enz
Professeur de physique théorique à l'Université de Genève, co-président de l'APAG Joel Jakubec Pasteur de l'Eglise nationale protestante de Genève, co-président de l'APAG Quatre annexes mentionnées. LE CHEF du Département fédéral des transports, des communications et de l'énergie 3003 Berne,
Messieurs,
7 septembre 1990 APAG
Votre lettre du 29 juillet 1990, adressée
au Chancelier de la Confédération, m a été
transmise afin d'y apporter une réponse.
Adolf Ogi
LE CHEF
Conseiller fédéral du Département fédéral des transports, des communications et de l'énergie 3003 Berne,
Monsieur,
6 août 1990 Monsieur P. Lehmann
Votre lettre du 12 juillet 1990 m'est bien parvenue. Je vous remercie et me prononce comme suit: 1. Préservation des ressources
2. Sens économique du retraitement
3. Surgénération
(suite)
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suite:
Il a calculé que dans l'hypothèse conservative où l0.109 individus en 2050 consommeraient la moitié de l'énergie du Suisse d'aujourd'hui, soit 60 GJ, il faudrait 600 Ej/an d'énergie finale. Il a conclu qu'aujourd'hui il n'existait que deux sources d'énergie exploitables capables de fournir pour plusieurs décennies 600 EJ/an, à savoir: - le charbon - la surgénération. Je souhaite que le solaire et les autres énergies renouvelables fassent rapidement des progrès afin d'aider l'humanité à éviter le cauchemar des fossiles dans cette hypothèse de consommation, somme toute modérée. Si vous souhaitez également remplacer le nucléaire l'effort en sera d'autant plus grand. 4. Surgénération et plutonium militaire
5. Stockage des déchets radioactifs
Recevez, Monsieur, l'expression de ma parfaite considération. Adolf Ogi
SEDE SA
Conseiller fédéral Société d'Etude de l'Environnement Rue du Midi 33
Monsieur A. Ogi
Concerne:
Département fédéral des Transports, des Communications et de 1'Energie 3003 Berne
- Nécessité de renoncer au retraitement du combustible - Votre lettre du 6.8.90 en réponse à ma lettre du 12.7.90 Monsieur, Votre lettre ne donne aucun élément
d réponse à la question de savoir comment on va se débarrasser
du plutonium qui s'accumule inexorablement et qui constitue, à cause
du retraitement qui le rend disponible, un danger incalculable pour les
générations futures.
p.107
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| La proposition qu'en 2050,
l0.109 individus consommeront 60 GJ/an me paraît totalement
irréaliste. L'humanité ne consommera jamais 600 EJ/an, et
ceci d'autant moins que ces 600 Ej devraient être produits par le
charbon et la surgénération comme vous le proposez. Même
si la surgénération ne produisait que les 10% de ces 600
Ej, il faudrait construire au moins 3.000 surgénérateurs
de type Superphénix. Croyez-vous vraiment qu 'il s'agisse là
d'une proposition réalisable? Et si les 90% restant sont produits,
selon votre proposition, par le charbon, l'émission de CO2
dans l'atmosphère passerait au triple de ce qu 'elle est aujourd'hui.
Curieuse réponse à l'appel de Toronto, qui demande que l'émission
de CO2 soit réduite de 20% d'ici 2005 et bien davantage
par la suite.
Le stockage des déchets radioactift est un problème insoluble, en particulier parce que votre politique énergétique prévoit d'en produire toujours davantage dans le futur. Les cacher à notre vue en les mettant sous la terre est, à mon avis, irresponsable. Les sites des centrales se prêtent en tout cas beaucoup mieux que le sous-sol suisse au stockage des déchets radioactifs, surtout si on a la sagesse de renoncer au retraitement. Ce n'est qu'une fois que la (més)aventure nucléaire sera terminée que l'on pourra trouver une solution «définitive» au problème des déchets radioactifs. Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. P.Lehmann
Copie à:
- M G. Petitpierre, Place Bourg-de-Four 7, 1204 Genève - M R. Longet, SPE, 6, rue St-Ours, 1205 Genève - M V Ruffy, 1054 Morrens - M R. Nägelin, HSK, Bundesamt für Energiewirtschaft, 5303 Würenlingen. - M. Ivo Rens, APAG, 4, rue John Rehfous, 1208 Genève - Greenpeace Schweiz, B. van Dierendonck, Müllerstrasse 37, Postfach 4927, 8022 Zürich. SEDE SA Société dEtude de l'Environnement Rue du Midi 33 Vevey (Suisse) Tel. 021/921.05.15 FAX 021/921.05.57 Monsieur A. Ogi
Concerne:
Département fédéral des Transports, des Communications et de l'Energie 3003 Berne 1800 Vevey,
- Abandon probable de Superphénix - Nécessité de renoncer au retraitement du combustible nucléaire irradié Monsieur, L'article ci-joint paru dans le «Canard
Enchaîné» du 22 août 1990 annonce la fin probable
de l'expérience Superphénix. Malgré les assurances
des experts français, relayées mot à mot par les experts
féderaux, Superphénix n'était pas une centrale nucléaire
fiable. Si elle n 'a pas provoqué d'accident majeur, la succession
de pannes, toutes imprévues, qu'elle a subie, avait de quoi inquiéter
et a inquiété la population genevoise et romande. Mais pas
vous, ni les experts de vos services. Pourtant Superphénix est potentiellement
plus dangereuse que Tchernobyl à cause de la grande quantité
de plutonium qu'elle contient.
(suite)
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suite:
Nous avons en Suisse cinq centrales nucléaires qui peuvent avoir des pannes et donner lieu à un accident grave un jour ou l'autre. Le fait que la probabilité calculée d'un tel accident soit faible n'enlève rien à l'horreur de l'accident lorsqu'il se produit. Je rappelle que l'association «Mühleberg sous la loupe» a fait une expertise indépendante de la centrale de Muhleberg que vos experts se sont empressés de dénigrer. Il semble cependant qu'il y ait de bonnes raisons de douter de la sécurité de cette centrale. J'espère que vous prendrez les mesures qui s'imposent. Je rappelle pour finir que dans ma lettre du 9 crt. je vous demandais de mettre un terme au non-sens que représente le retraitement du combustible irradié Le retraitement est une option française liée à la surgénération. La Suisse n'a fait qu'emboîter le pas et se trouve maintenant contrainte de brûler du combustible mixte uranium-plutonium (MOX) pour faire plaisir aux Français. Ce combustible est notablement plus cher et plus problématique que le combustible conventionnel. Vous m'avez répondu que la décision de retraiter ou non le combustible irradié appartenait aux exploitants des centrales, tout comme vous aviez argué que Superphénix n'était pas de votre ressort. Peut-être que votre intervention aurait accéléré l'abandon de Superphénix, ce qui aurait finalement rendu service même aux Français (ire l'article du « Canard Enchaîné»). Je crois que si vous interveniez auprès des exploitants pour qu'ils cessent une pratique finalement contraire au bon sens, ils seraient au moins obligés de justifier leur choix et de se poser en temps utile une question à laquelle ils ne pourront pas échapper. Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. R Lehmann
Copie à:
- M G. Petitpierre, Place Bourg-de-Four 7, 1204 Genève - M R. Longet, SPE, 6, rue St-Ours, 1205 Genève - M V Ruffy, 1054 Morrens - M R. Nägelin, HSK, Bundesamt für Energiewirtschaft, 5303 Würenlingen. - M. Ivo Rens, APAG, 4, rue John Rehfous, 1208 Genève - Greenpeace Schweiz, B. van Dierendonck, Müllerstrasse 37, Postfach 4927, 8022 Zürich. LE CHEF du Département fédéral des transports, des communications et de 1'Energie Monsieur P. Lehmann
Monsieur,
C/O SEDE SA Rue du Midi 33 1800 Vevey 3003 Berne, 7 sept. 1990 Votre lettre du 24 août 1990 m'est bien
parvenue, je vous en remercie et me prononce comme suit:
Recevez, Monsieur, l'expression de ma parfaite considération. Adolf Ogi
Conseiller fédéral
p.108
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| Office fédéral
de l'énergie 3003 Berne Monsieur P. Lehmann
Monsieur,
SEDE SA Rue du Midi 33 1800 Vevey 3003 Berne, 7 sept. 1990 Le chef du département m'a prié
de répondre à votre lettre du 9 août 1990. Sans vouloir
entrer dans la controverse du plutonium, je relève que la solution
de ne pas retraiter n'apporte pas de solution tout à l'élimination
de cet élément. Le retraitement permet au moins, éventuellement,
de le faire «brûler».
Office fédéral de l'énergie
Copie:
Le directeur: Kiener Office fédéral de la santé publique, Berne. (suite)
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suite:
SEDE SA Société d'Etude de l'Environnement Rue du Midi 33 1800 Vevey (Suisse) Tel. 021/921.05.15 FAX 021/921.05.57 Monsieur A. Ogi
Concerne:
Département fédéral des Transports, des Communications et de 1'Energie 3003 Berne 1800 Vevey, 12 sept. 1990 - Superphénix - Votre réponse du 7.9.90 à ma lettre du 24.8.90. Monsieur,
P. Lehmann
Ann. ment.
Copie pour information à:
+ annexes. p.109
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| SEDE SA
Société d'Etude de l'Environnement Rue du Midi 33 1800 Vevey (Suisse) Tel. 021/921.05.15 FAX 021/921.05.57 Office fédéral de l'énergie
Concerne: Politique énergétique, v/lettre du 7.9.90
3003 Berne 1800 Vevey, 14 sept. 1990 Monsieur, La solution de ne pas retraiter a le grand
mérite de ne pas rendre le plutonium disponible. On ne peut pas
faire une bombe atomique avec le plutonium dispersé dans un élément
combustible irradié. De plus, cet élément combustible
a l'avantage d'une certaine stabilité chimique. Finalement, le retraitement
est une opération complexe et polluante qui devient totalement inutile
avec l'abandon de la surgénération. Comme le dit le «Canard
Enchaîné»: «On se consolera en pensant que,
dans cette haute technologie dangereuse et qui ne sert à rien, nous
sommes les meilleurs du monde. »
(suite)
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suite:
Pourquoi ne pas aborder le problème par l'autre bout? Nous sommes adultes et pouvons décider librement de faire diminuer notre consommation d'electricité. Les moyens techniques pour le faire existent, il n'y a rien à inventer. Et c'est certainement moins problématique et moins contraignant que de maintenir l'option nucléaire avec son cortège de nuisances et de dangers. Ma proposition est la suivante: en tant qu'Office de l'Energie, vous proposez que notre consommation d'électricité en l'an 2000 soit 20% plus faible qu'aujourd'hui. Ensuite, on discute des moyens pour arrtver à ce résultat et on met les fonds nécessaires à disposition. Chaque année, vous faites le bilan des résultats obtenus et, si besoin est, proposez des modifications de stratégie pour atteindre le but fixé Cette approche est tout de même plus responsable que celle qui consiste à faire comme si l'augmentation etait une loi de la nature contre laquelle on serait aussi démuni que contre le second principe de la thermodynamique. Concernant le problème des déchets radioactzft, je n 'ai en aucune manière admis que le problème était de nature politique seulement. Ce que je prétends, c'est que ce problème est insoluble tant que l'on ne sait pas la quantité de déchets à gérer, c'est-à-dire tant que l'option nucléaire sera maintenue. Je pense que le stockage intermédiaire doit se faire sur le site des centrales pour tous ces déchets et que la question du depôt «définitif» ne peut être abordée qu'à l'échelle du continent une fois que la (més)aventure nucléaire sera terminée en Europe. La CEDRA * devrait être dissoute en attendant, car elle ne sert manifistement à rien, sinon à provoquer le mécontentement populaire et à engloutir des fonds publics. Et vous devriez dissuader M. Ogi de vouloir imposer des déchets radioactifs à des communes qui n'en veulent pas, comme il a annoncé vouloir le faire. Je vous remercie pour les informations concernant le voyage de M Donath et consorts à Tchernobyl. D'autres y sont allés avant et après lui. On commence à avoir une information assez détaillée sur les conséquences de cette catastrophe, conséquences qui semblent s'amplifier sans cesse. Cette catastrophe nous montre la folie de l'option nucléaire. Les Suisses, pas plus que les Français ou les Soviétiques, ne sont infaillibles. Tchernobyl peut se produire dans n'importe quel pays et n'importe quand, quelle que soit la bonne volonté (non contestée) des autorités de surveillance. Que l'on accepte un tel risque pour pouvoir gaspiller l'électricité pendant quelques années encore m 'est totalement incompréhensible. Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. P. Lehmann
Copie pour information à:
- M G. Petitpierre, 7, place Bourg-de-Four, 1204 Genève
* Société coopérative nationale pour l'entreposage de déchets radioactifs, équivalent Suisse de 1'ANDRA française. p.110
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| SEDE SA
Société dEtude de 1'Environnesnent Rue du Midi 33 1800 Vevey (Suisse) TéI. 021/921.05.15 FAX 021/921.05.57 Monsieur A. Ogi
Concerne:
Département fédéral des Transports, des Communications et de l'Energie 3003 Berne 1800 Vevey, 25 sept. 1990 - Résultats de la votation du 23 septembre 90 - Nécessité de changer de politique énergétique Monsieur,
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Les anti-nucléaires ont des propositions
à formuler pour une politique énergétique qui permettrait,
à terme, de sortir de l'impasse nucléaire et, le moins que
l'on pourrait faire, serait d'essayer d'intégrer ces propositions
dans la politique énergétique du pays. Trouvez-vous normal
qu'une minorité de 47% n'ait strictement aucun représentant
dans les hautes sphères de votre département? Tout se passe
comme si pour faire partie de l'Office fédéral de l'Energie,
de la Division principale de la Sécurité nucléaire,
etc., il fallait faire la preuve de sa dévotion inconditionnelle
à la cause du nucléaire. Cette situation est tout à
fait antidémocratique.
J'ose espérer que le moratoire qui a été accepté à une majorité assez confortable vous induira aussi à une ouverture plus grande vis-à-vis de propositions que, jusqu'à aujourd'hui, vous vous êtes seulement attaché à combattre, quels que soient leurs mérites. Un moyen possible pour arriver à une plus grande ouverture, serait de faire participer la Fondation suisse pour l'Energie (Schweizerische Energiestiftung) Sihlquai 67, 8005 Zürich, Tel. 01/271.54.64) à l'élaboration de la politique énergétique de votre département. Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. P. Lehmann
Copie pour information à:
- M G. Petitpierre, Place Bourg-de-Four 7, 1204 Genève - M R. Longet, SPE, 6, rue St-Ours, 1205 Genève - M V Ruffy, 1054 Morrens - M R. Nägelin, HSK, Bundesamt für Energiewirtschaft, 5303 Würenlingen. - M. Ivo Rens, APAG, 4, rue John Rehfous, 1208 Genève - Greenpeace Schweiz, B. van Dierendonck, Müllerstrasse 37, Postfach 4927, 8022 Zürich. p.111
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