par Jan MASOLIJN
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La première de ces deux émissions,
réalisée en duplex avec une équipe envoyée
à Tchernobyl, a révélé aux téléspectateurs
français l'immensité du désastre qu'a entraîné
l'accident survenu à l'unité No 4 de Tchernobyl
le 26 avril 1986. Les dommages subis par la flore, la faune et l'espèce
humaine dans des zones jouxtant la centrale, mais aussi dans des régions
éloignées de quelque 300 kilomètres de cette dernière,
ne peuvent toujours pas être évalués. Loin de s'atténuer,
les anomalies génétiques enregistrées en Ukraine et
en Biélorussie tendent à se multiplier, surtout parmi les
enfants exposés, en raison probablement de la reconcentration des
produits de fission et autres actinides dans la chaîne alimentaire.
De nos jours, ce sont plus de trois millions de personnes qui doivent être
suivies médicalement et les zones evacuées durablement, pour
une durée indéterminée qui pourrait être d'un
siècle, de la taille d'un département français, sont
encore en voie d'extension.
La seconde émission, réalisée en duplex avec une équipe de TF1 à Nogent-sur-Seine, a posé le problème de la désinformation de l'opinion française par M. Pierre Pellerin, directeur du SCPRI (Service central de protection contre les radiations ionisantes). (suite)
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suite:
En produisant des documents télévisés d'archives d'avril-mai 1986, les journalistes de TF1 ont surpris cet ardent pourfendeur du «catastrophisme» des anti-nucléaires en flagrant délit de mensonge et, qui plus est, ils ont osé le dire publiquement, ce qui est nouveau en France où l'«establishment» nucléaire a toujours été tabou (mot polynésien signifiant «interdit», «sacré», comme pour nous rappeler le scandale permanent des essais nucléaires perpétrés à Moruroa et Fangataufa, dans les îles Tuamotu). En réalité les autorités compétentes françaises ont caché à leurs administrés que le taux de radioactivité avait été multiplié par 200 à 400, selon les régions, la Drôme et la Corse tenant le premier rang, nonobstant le fameux «anticyclone des Açores» invoqué fallacieusement par les autorités. Discours sécuritaire pitoyable desdites autorités. Les auteurs de l'émission ont aussi mis en évidence l'ignorance en matière de risque radiologique des Français moyens qui parfois en viennent même jusqu'à tenir les centrales nucléaires pour un élément de leur environnement à protéger! Heureusement que furent aussi interviewées et présentées aux téléspectateurs Mme Monique Sené, physicienne, Présidente du Groupement de scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire (GSIEN, 2 rue François-Villon, F-91400 Orsay) qui, avec un courage et une persévérance dignes d'éloges, édite depuis 1976 La Gazette Nucléaire (qui vient de sortir son 100e numéro; accès webmaistre) ainsi que Mme Michèle Rivasi, Présidente de la Commission Régionale Indépendante d'Information sur la Radioactivité (CRII-Rad, 8 rue Louise Gémard, F-26200 Montélimar) qui édite depuis 1986 Le Cri du Rad où sont publiées des mesures de radioactivité opérées dans ses propres laboratoires. Avec ses quelque 55 centrales nucléaires en fonctionnement, sans compter d'autres installations plus dangereuses encore, comme l'usine de retraitement des combustibles nucléaires usés de La Hague, dans le Cotentin, en Normandie, la France a de sérieuses chances d'etre le théatre d'un prochain accident nucléaire sur le modèle de celui de Tchernobyl. Si c'est à sa privatisation que TF1 doit son audace, vive la privatisation! Audaces Fortuna juvat! (*) p.53
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